Incitations à une mobilité douce

Le 10 février 2012

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Le premier Plan National Vélo présenté jeudi 26 janvier, issu d’un travail de réflexion mené de concert avec les associations d’usagers, déçoit dans les premières mesures prises même si des avancées certaines ont eu lieu. Retour sur les propositions retenues, et panorama d’autres mesures incitatives encourageant une mobilité décarbonée.

Les 5 grands axes du Plan National Vélo

Le jeudi 26 janvier se sont tenues à Paris les premières Rencontres Nationales du Vélo en présence de Thierry Mariani, Ministre chargé des Transports. Le Plan Vélo, qui vise à "encourager les français à utiliser davantage le vélo" retient les propositions suivantes : 

1) Développement des aménagements et infrastructures : les garages à vélo sont rendus obligatoires dans les constructions neuves. L’Etat renforce sa contribution de 50% au développement du réseau des véloroutes et voies vertes : (+ 1,5 millions d’euros) même si ces dernières ne concernent principalement que le cyclotourisme et pas les déplacements quotidiens (or, c’est sur les déplacements quotidiens, qui sont des déplacements intervenants en remplacement d’un déplacement carboné, que des économies d’émissions de CO2 peuvent être effectuées.  

2) Amélioration de la sécurité : le "tourne-à-droite" qui était déjà expérimenté à Strasbourg et Nantes notamment, sera généralisé pour les cyclistes. Le marquage des vélos contre le vol, et la mise en place de "vélo écoles" font également partie des mesures prises.

Plan Velo TourneDroite

3) Exemplarité de l’Etat : mise en place de relais vélos dans les Directions Départementales des Territoires (DDT) et dans les Directions Régionales de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement (DREAL).

4) Une meilleure perception de l’image du vélo par les Français : mise en place d’un programme de communication national, pérennisation des Rencontres Nationales du vélo, tous les deux ans.

5) Incitation à l’usage quotidien du vélo : c’est la grande déception de ce plan vélo. La mesure d’une indemnité kilométrique défiscalisée pour les déplacements domicile-travail comparable à celle dont bénéficient les automobilistes ne sera qu’ "évaluée". De même, la pris en charge de l’abonnement aux vélos libre-service devra être « clarifiée », mais aucune mesure n’est prise pour l’instant. 

Incitations aux changements de comportements vers une mobilité à faible bilan carbone

Indemnités : Les associations d’usagers telle la FUB, ou le Club des villes et territoires cyclables attendaient beaucoup de cet axe d’engagement du Ministre des Transports. A titre d’exemple, le Danemark ou la Belgique pratiquent déjà cette indemnisation, défiscalisée jusqu’à 0.21cts d’€ du kilomètre. Pour rappel, l’UE avait accepté, en 1999, de porter la part du vélo à 15% des déplacements en 2020. Aujourd’hui, 50% de nos déplacements sont inférieurs à 2km, et seuls 5% de ceux-ci sont effectués à vélo.

Prime à la casse : La ville de Bruxelles, à travers le programme Bruxell’Air, propose depuis 2006 un abonnement gratuit aux transports en commun à toute personne radiant leur plaque automobile auprès de la DIV. Ceci assorti d’une prime à l’achat d’un vélo. Etendue à la région flamande, ce sont 9000 personnes qui en ont bénéficié en 2009 (abonnement valable pour toute la famille).

Plan Velo BruxelleAir

La  ville de Murcia  propose un abonnement à vie à tous les automobilistes renonçant à la voiture au profit du tramway. Ce véritable coup de pub vise à faire la promotion du nouveau tramway de la ville mais pose une question de principe : ce modèle récompense un changement de pratique mais alors, quel bénéfice pour ceux qui avaient déjà un comportement vertueux et ne possédaient pas de voiture ? La mesure n’aurait de sens qu’en proposant l’abonnement gratuit également à ceux n’ayant jamais eu de voiture.

Prime à l’achat d’un vélo ou d’un vélo à assistance électrique : de 100€ à 400€ remboursés sur acceptation du dossier (Colmar, Bruxelles, Nantes, Chambéry, Paris, France Télécom...)

Villes 30 : les « villes 30 »  à l’image de Bruz ou Lorient visent à l’instauration d’un « code de la rue » lié à la limitation de vitesse en ville à 30km/h, induisant également baisse des nuisances sonores et prévention des accidents.

L’investissement public : les mesures incitatives citées, ne peuvent intervenir qu’en « relais » le temps pour l’Etat de procéder aux investissements nécessaires et à un aménagement du territoire laissant la place à un choix de mobilité pas uniquement définit par le maillage autoroutier, mais prenant en compte toutes les vitesses et modes de déplacement dans l’offre de mobilité disponible.

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