ISR : 3 questions à Bernard Boo du Crédit Coopératif

Le 16 février 2012

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Bernard Boo du Crédit Coopératif
L'Investissement Socialement Responsable a atteint 68,3 milliards d'encours en 2010 contre 50,7 milliards en 2009, soit une hausse de 35%. Cependant, lors du sondage d'EIRIS/Ipsos sur l'ISR en 2011, 64% des sondés n’avaient jamais entendu parler de l’ISR. Bernard Boo, directeur d'agence du Crédit Coopératif à Rennes, nous explique cette situation.

Comment définiriez-vous l'ISR ? De quoi parle-t-on?

L'ISR est essentiellement une méthode de sélection pour les fonds d'investissements des établissements financiers. Un investissement est dit socialement responsable si, au delà de l'analyse financière, il prend en compte les pratiques de l'entreprise en matière d'environnement, de social et de gouvernance économique (ESG). Ce concept est fondé sur la conviction que les pratiques dites ESG ont un impact sur le développement des entreprises et donc sur leurs performances.

Pour composer leur fonds ISR, les sociétés de gestion de capitaux, comme ECOFI Investissements pour le Crédit Coopératif, achètent ou vendent des actions, obligations ou titres de créance aux entreprises faisant appel au marché financier. Le but des sociétés de gestion est de pouvoir proposer aux épargnants (particuliers et entreprises) des solutions de placements labellisés ISR. L'identification des entreprises éligibles à un fonds ISR repose sur la combinaison d'analyses financières (rentabilité) et extra-financières. L'analyse extra-financière consiste à identifier et valoriser les bonnes pratiques Environnementales, Sociales et de Gouvernance des entreprises en fonction de leur secteur d'activité. Le classement des grandes entreprises par les agences de notation VIGEO et Ethifinances permet à Ecofi de faire une première sélection. Ensuite, elle applique son propre filtre et sélectionne ainsi les entreprises les plus responsables chacune dans leur secteur d'activité. Pour Ecofi, la démarche n'est pas déconnectée de la recherche de performance financière. Elle vise à trouver le juste équilibre entre optimisation des profits et responsabilité sociale et environnementale des acteurs.

Quels intérêts représente l'ISR pour les entreprises bretonnes?

L'intérêt se porte sur le modèle économique de l'entreprise. On constate avec un recul de 6-7 ans, que les entreprises soutenues par les fonds ISR les plus anciens ont une meilleure maitrise des risques à long terme qui bénéficie aussi à leur profitabilité. Elles gèrent mieux sur le long terme leur vitalité financière. Si les entreprises responsables résistent mieux, c'est donc l'occasion pour toutes les entreprises de revisiter leurs pratiques en matière d'environnement, de social et de gouvernance économique. crédit coopératifPour les accompagner dans cette démarche, même s'il n'existe pas de prêt ISR à proprement parler, d'autres solutions financières sont disponibles comme le prêt éco-financement sur la thématique environnementale.

Il porte également sur la qualité de ses placements. L'ISR permet l'investissement dans des fonds qui sont à la fois performants et porteurs de sens. L'épargnant peut ainsi souhaiter éviter les entreprises susceptibles de présenter des risques d'ordre environnemental, social ou de gouvernance dans la mesure où ces risques peuvent à terme compromettre la pérennité de la performance financière de ses actifs. De la même manière qu'un client cherche à prémunir ses biens des risques de pertes directes ou indirectes, il peut chercher à protéger ses placements non seulement contre les risques financiers mais aussi contre les risques extra-financiers en choisissant pour cela l'ISR.

L'ISR reste encore méconnu actuellement. Comment expliquez-vous cette difficulté?

C'est avant tout une démarche des fonds d'investissements et une offre pour les clients particuliers et les fonds d'épargne salariale. De plus, il y a beaucoup de jargon autour de ce thème, ce qui le rend confus. C'est donc aux réseaux bancaires de faire la promotion de l'ISR en axant plus sur la vente conseil plutôt que sur la vente produit. Il y a aussi la pression de la demande des clients qui souhaitent immédiatement le meilleur rendement et ont une vision à court terme. Ceci est antinomique avec l'ISR qui est dans une logique de finance patiente.  

La crise actuelle entraine une prise de conscience que l'on peut entreprendre différemment et réaliser des performances tout à fait honorables tout en prenant en compte les critères ESG. Le rendement immédiat ne peut plus être le seul critère de sélection pour les placements. La démarche pour l'entreprise est exigeante mais dans le long terme, l'entreprise est gagnante.

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