Accès abonnés
Le 30 janvier 2012
Avec un taux de croissance de 10,3% en 2010 et de 9,1% en 2011, la Chine devrait connaître en 2012, selon les prévisions du FMI, une croissance de 8,4% pour se stabiliser autour de 7% en 2015. Cette évolution résulte de la volonté des autorités chinoises de préparer une forme "d'atterrissage" de leur économie, mais aussi d'un certain ralentissement qui se manifeste à plusieurs niveaux : d'une part les exportations chinoises sont affectées par la crise que traverse l'Europe; d'autre part le marché de l'immobilier se stabilise et le risque d'éclatement d'une bulle immobilière ne peut être totalement écarté.
Lancé en mars 2011, le 12ème plan quinquennal définit de nouvelles orientations pour l'économie chinoise : la priorité n'est plus la croissance du Produit Intérieur Brut mais l'amélioration du niveau de vie de la population et la progression de la consommation.
Trois mots d'ordre caractérisent ce nouveau plan quinquennal :
La Chine s'est donné pour objectif d'accroître l'efficacité énergétique de ses équipements tout en réduisant les émissions de gaz à effet de serre.
Aujourd'hui 70% de l'électricité produite en Chine provient du charbon; 20% est d'origine hydraulique, 5% d'origine éolienne, 4% provient du nucléaire et 1% du solaire. L'objectif de la Chine est d'atteindre 15% d'énergie verte à l'horizon 2020. Pour les entreprises françaises ayant un savoir-faire dans les énergies vertes, il y a donc des opportunités en Chine. Même s'il ne faut jamais oublier que les Chinois eux-mêmes sauront élever leur niveau de compétence en matière d'énergies propres et viendront concurrencer les firmes étrangères.
Le Directeur général de la CCI française en Chine souligne également les opportunités du marché chinois dans le traitement des déchets, de l'air et de l'eau, dans l'efficacité énergétique et d'une façon générale dans le domaine des bonnes pratiques environnementales - notamment dans le but d'accroître la productivité des terres agricoles.
"La Chine ne souhaite plus être considérée comme l'usine du monde : elle veut être le laboratoire du monde", explique Manuel Deleers. Pour y parvenir les Chinois concentrent leurs efforts sur la R&D (recherche et développement) et sur l'innovation. En 1995 les dépenses de R&D représentaient 0,6% du PIB chinois, elles atteignaient 1,7% du PIB en 2009 et pourraient s'élever à 2,5% du PIB en 2020, selon les chiffres communiqués par la Mission économique Ubifrance à Shanghaï.
Pour y parvenir la Chine dispose d'un potentiel humain considérable : 23 millions d’étudiants, 1,1 million de chercheurs, 100.000 doctorants…
En conséquence, ce qui intéresse désormais la Chine ce sont les transferts de technologie dans les secteurs que les autorités jugent prioritaires. L'objectif de la Chine est ainsi de faire monter en gamme ses productions, donc de vendre plus cher, ce qui permettra d'élever le niveau des salaires et de soutenir la demande intérieure.
Aux entreprises françaises qui estimeraient trop risqué de s'engager dans un processus de transfert de technologie au profit de la Chine, Manuel Deleers apporte la réponse suivante : le transfert de technologie est possible si votre entreprise est suffisamment innovante pour conserver une longueur d'avance.
Après le plan quinquennal, le catalogue des investissements étrangers est le second élément essentiel à prendre en considération pour comprendre l'économie chinoise.
En effet les investissements étrangers en Chine sont les bienvenus, mais la Chine se réserve le droit de choisir en privilégiant les investissements centrés sur les technologies.
Ainsi les investissements sont encouragés dans le recyclage des déchets électriques et électroniques, les nanotechnologies pour l'industrie aéronautique et spatiale, les composants pour les véhicules électriques, les énergies vertes, les équipements en eau profonde, les navires de croisière, les additifs et ingrédients naturels alimentaires, les activités de nettoyage des marées noires...
En revanche les investissements étrangers sont restreints voire exclus dans un certain nombre de secteurs d'activité : ils sont interdits par exemple dans certains types d'extraction minière, dans le secteur de l'armement ou celui de la médecine chinoise.
Trois grands domaines présentent de réelles opportunités pour les entreprises françaises - notamment bretonnes - en Chine : les éco-activités, l'agriculture et l'agroalimentaire.
Manuel Deleers cite notamment les secteurs suivants :
Mais dans tous les cas, indépendamment du secteur d'activité et des opportunités qui existent, Manuel Deleers rappelle que la Chine est un pays difficile d'accès et formule un certain nombre de recommandations :
A lire également
L'avenir de la mobilité sera-t-il électrique ?
Le 11/05/2012Les ventes de véhicules électriques encore modestes, ne permettent pas d'estimer quelle sera l'évolution de ce marché dans les prochaines années. En revanche une analyse des brevets déposés dans le domaine des batteries et celui de l'automobile permet de mesurer le dynamisme des acteurs du marché dans le monde.
Communiquer et négocier avec les Chinois : repères culturels et sociaux
Le 10/05/2012La Chine offre des opportunités nombreuses aux entreprises étrangères. Mais la concurrence est rude et l'accès au marché difficile. Pour mettre toutes les chances de votre côté, il est indispensable de prendre en compte les facteurs culturels dans votre approche du marché chinois.
Compétitivité climatique : comment votre entreprise peut en bénéficier
Le 24/02/2012L'activité économique de nombreuses entreprises est fortement conditionnée par les variations météorologiques : la "compétitivité climatique" permet de comprendre, mesurer et anticiper les conséquences de ces variations sur l'activité de ces entreprises. La société Climpact en a fait son métier et publie un livre blanc sur ce thème.