En 2012, la pression des acheteurs va-t-elle se poursuivre?

Le 24 janvier 2012

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Une étude récente auprès de 400 entreprises françaises illustre la nature des relations futures entre sous-traitants et fournisseurs en 2012. Par ailleurs, d'autres voix prônent pour des relations d'un nouveau type, plus partenariales, qui ont fait leurs preuves ailleurs.

La cabinet AgileBuyer vient de publier, en collaboration avec le groupement achats supply chain de l'association des anciens élèves de HEC, une étude sur les priorités des services achats en 2012. Elaboré à partir des réponses de près de 400 entreprises, ce document de 20 pages met en exergue 3 tendances lourdes :

  • davantage d'objectifs de réduction de coûts (+ 5 points par rapport à l'étude 2011), mais avec une gestion du risque fournisseurs accrue (+ 4 points); la sécurisation des fournisseurs est devenue une réelle préoccupation des acheteurs, suite notamment à Fukushima et aux révolutions arabes,
  • une stabilité des projets d'approvisionnement dans les pays à bas coût, mais aussi des achats intégrant les critères RSE; le respect des critères sociaux et environnementaux dans le choix des fournisseurs reste encore faible,
  • enfin, les services achats ne connaîtront pas la crise, et l'outsourcing va continuer à se développer.

Le sourcing a toujours été déterminant dans la performance des entreprises, puisqu'environ 70% des coûts d'une organisation portent sur les achats externes. La répétition des crises récentes ainsi que la fragilisation des acteurs économiques qui en résulte devrait nous conduire à nous interroger sur la nature des relations entre donneurs d'ordres et fournisseurs. Pourquoi en effet limiter celles-ci à une pression continue et toujours plus forte sur les prix d'achat?

Lors d'une conférence récente, Jean-Claude Volot, Médiateur des relations interentreprises et John W. Henke, Président de Planning Perspectives Inc, ont démontré  l'intérêt d'établir des relations collaboratives avec ses fournisseurs. Selon eux, les avantages économiques que l'ont peut obtenir grâce à une relation basée sur la confiance se traduisent par un accroissement de 3 à 5% de la productivité des entreprises. Ces chiffres résultent d'avantages de 3 natures: ceux liés à une meilleure intégration (plus grande contribution à l'innovation...), à des aspects opérationnels (davantage d'échange d'informations, d'où des réductions de temps de cycles...) et financiers (meilleurs prix accordés car relations régulières et suivies...). Alors que, dans l'autre sens, l'ensemble des conflits interentreprises connus s'est traduit en France par un coût de 50 Milliards d'euros, soit l'équivalent de 2% du PIB national.

Enfin, la réussite des économies allemande, italienne ou coréenne devrait nous inciter à penser qu'une autre vision plus durable du processus achat est envisageable. La preuve que miser davantage sur la qualité, la continuité des relations, les compétences, la création de valeur partagée...constitue une source de performance économique durable.

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