Clés de compréhension du secteur des services aux personnes âgées

Le 30 novembre 2011

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En phase de consolidation et de professionnalisation, le secteur des services aux personnes âgées doit faire face à une série d'enjeux majeurs qui conditionnent son avenir. Les technologies de l'information auront un rôle important à jouer.

Un secteur très encadré

Ce secteur dépend beaucoup des mesures mises en place par les pouvoirs publics qui peuvent, tour à tour, inciter ou au contraire ralentir l’évolution de l’offre et de la demande de services aux personnes âgées : orientations budgétaires quant à la prise en charge de la dépendance, réglementation et fiscalité en matière de services à la personne, organisation du système de santé. 

Ainsi la suppression de mesures d’exonération des charges sociales pour les particuliers employeurs dans la loi de finances 2011 ou le projet d’augmentation du taux réduit de TVA qui devrait passer de 5,5 à 7% sont de nature à inquiéter les professionnels du secteur.

Quelles perspectives pour la demande ?

Selon l’Agence pour la création d’entreprise (fiche professionnelle "Services à la personne" - juin 2011) on compte aujourd’hui en France 8,4 millions de personnes âgées de plus de 65 ans, parmi lesquelles 520.000 seulement vivent en institution ou maison de retraite.

Toujours selon l’APCE (fiche professionnelle "Services aux personnes âgées" - juin 2009) 65% des Français ayant un besoin d’accompagnement de personne âgée choisissent l’emploi de gré à gré (c'est-à-dire l'emploi direct d’une aide à domicile) ou bien trouvent une solution par leurs propres moyens.

Ce sont ensuite principalement les associations historiques (UNA, ADMR, ADESSA…) qui sont sollicitées, devant les CCAS, les mutuelles et les entreprises de services positionnées sur la clientèle âgée (Age d’Or Services, ADHAP Services, Coviva par exemple).

L’APCE précise qu’il n’existe pas à sa connaissance, de statistiques sur la répartition des différents acteurs intervenant dans les services au domicile des personnes âgées. Les associations semblent toutefois occuper une place prépondérante sur ce marché.

Concernant la demande et ses perspectives, un point important est mis en évidence par le sénateur Joseph Kerguéris dans son rapport d’information sur l’avenir des services à la personne remis au Sénat en 2010 (voir pages 109-114 et 255-257) : se référant aux travaux du BIPE, le rapport souligne que le nombre de personnes en situation de dépendance va diminuer de – 7,8% entre 2010 et 2020.

En effet le BIPE considère que l’âge moyen de la dépendance va progressivement reculer, passant de 76 ans en 2010 à 78 ans en 2020. Conséquence des progrès en matière de santé et de l’évolution des modes de vie, ce recul de l’âge moyen de la dépendance va se traduire par une baisse des besoins liés à la dépendance entre 2010 et 2020. Durant cette décennie la demande de services à la personne sera centrée sur les individus actifs, estime le rapporteur. En revanche la demande de services liés à la dépendance connaîtra une forte augmentation durant la décennie 2020 – 2030.

Enjeux et défis

Se pose toutefois la question de l’adéquation entre les besoins futurs et l’offre de services, d’un point de vue quantitatif et qualitatif.

La professionnalisation des intervenants employés par les structures délivrant des services à domicile est un autre enjeu capital. En effet, "le manque de perspectives d’évolution professionnelle et salariale et l’émiettement de l’offre, fragilisent le secteur des services à la personne" (entretien avec Vincent Delpey, Directeur général par intérim de l’ANSP et Marie-Pierre Le Breton, directrice du développement de l’offre et partenariats de l’ANSP, lors de la Journée nationale des services à la personne organisée en décembre 2010 par l’ACFCI).

Le rapport d’information du sénateur Joseph Kerguéris sur l’avenir des services à la personne (2010) insiste quant à lui sur "le défi posé par le vieillissement rapide des salariés intervenant auprès des publics fragiles, qui peut être relevé par une amélioration de la qualité et de l’image de ces emplois, donc de la formation".

 

Quels services aux personnes âgées ?

Les services aux personnes âgées peuvent être classés en trois grandes catégories :

  • les services assurés sur prescription par du personnel médical : soins infirmiers à domicile, transport médicalisé, ergothérapeute, kinésithérapeute…
  • les services relevant de l’agrément qualité ou de l’autorisation : garde malade de jour ou de nuit, aide aux personnes âgées dépendantes, conduite du véhicule personnel…
  • les services relevant de l’agrément simple : services de la vie quotidienne, portage de repas, livraison de courses, assistance administrative, mais aussi services d’adaptation du logement ou téléassistance…

 

La place des technologies de l'information

Ces technologies auront un intérêt pour les structures de services à la personne qui cherchent à améliorer leur productivité et leurs marges. C’est le cas par exemple des technologies de mobilité mises en œuvre pour optimiser les plannings des intervenants à domicile.

La généralisation de l’usage des nouvelles technologies est même un axe de développement important pour les professionnels du secteur (dossier de presse du Salon des services à la personne - Paris 2011).

Il est d'ailleurs intéressant de noter l'initiative prise dans l'Orne avec la création de l'association TECH SAP Ouest au sein du pôle Services à la Personne d'Alençon.

Voir aussi De plus en plus de solutions TIC adaptées aux usages nomades des services à la personne

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