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Le 21 novembre 2011
Selon le cabinet PricewaterhouseCoopers, le coût de la santé représentera bientôt 30% de PIB de la plupart des pays développés, notamment du fait des maladies chroniques. Le lien entre alimentation et santé semblant aujourd’hui bien établi dans l’esprit des consommateurs, la prévention via l’alimentation constitue donc une réelle opportunité pour les industriels.
Cependant, devant l’essor quelque peu anarchique des aliments fonctionnels, la Commission Européenne a décidé de clarifier les choses en exigeant de requérir un niveau de preuves scientifiques élevé pour étayer ces allégations.
Une allégation nutritionnelle communique ou suggère qu’une denrée alimentaire possède des propriétés nutritionnelles bénéfiques.
Exemple : mentions «faible teneur en graisses», «sans sucre ajouté» ou «riche en fibres».
Une allégation de santé est une mention utilisée sur les étiquettes, à des fins de publicité, ou sur des produits de marketing selon laquelle la consommation d’un aliment donné peut avoir des bienfaits pour la santé.
Exemple : un aliment peut contribuer au renforcement des défenses naturelles de l’organisme ou améliorer les capacités d’apprentissage…
Architecture du règlement :
Article 13 : allégations de santé
Article 13.1: Concerne les allégations fonctionnelles basées sur des preuves scientifiques communément acceptées, dites allégations génériques.
Exemple : « le calcium est nécessaire à la santé des os».
Article 13.5: Concerne les allégations fonctionnelles basées sur des données scientifiques récemment développées ou sur des données exclusives.
Exemple : «le calcium présent dans le produit X de la société Y est particulièrement bio-disponible et favorable à la santé des os».
Article 14 : allégations pour la réduction d’un risque et la santé des enfants
Concerne les allégations de réduction de facteur de risque de maladie et les allégations relatives au développement et à la santé des enfants.
Exemple : «le calcium diminue le risque d’ostéoporose en favorisant une bonne densité minérale osseuse».
Les états membre ont soumis au total plus de 44 000 allégations de santé à la Commission européenne qui les a réunis dans une liste de 4 637 allégations.
L’évaluation des allégations relatives aux articles 13.5 et 14 se poursuivent.
Le principe de plusieurs publications échelonnées dans le temps avait été abandonné.
La publication se fera donc courant janvier. Dés lors, les industriels auront six mois pour retirer des étiquettes les allégations de santé non validées.
Cependant, l’innovation devra se poursuivre. A charge des services R&D d’explorer des solutions conformes à la réglementation.
Les résultats des évaluations ont été favorables lorsque les preuves scientifiques étaient suffisantes. Les avis positifs concernent
Tout n’est pas perdu… Pour se distinguer des concurrents, les industriels peuvent retravailler les dossiers d'allégation dans un sens voulu par l'EFSA.
En effet, les allégations rejetées pour cause de caractérisation ou de données scientifiques insuffisantes peuvent être réévaluées, en nombre limité, si les dossiers ont été déposés avant fin septembre 2011.
Le cas d’Actimel pourrait être reconsidéré : la fiole de Danone pourrait démontrer son efficacité sur des cibles particulières comme les grands séniors (et non sur un positionnement grand public). Selon Nutrimarketing "il serait possible de faire une promesse précise pour une cible bien déterminée tout en jouant ensuite l'effet Mixa Bébé, en sous-entendant que si c'est bon pour eux, c'est bon pour tout le monde".
A 500.000 euros minimum le dossier, certaines entreprises agroalimentaires ont préféré éviter le dépôt de dossier à l’EFSA, souvent voué à l’échec. Elles ont donc limité leurs innovations.
On voit fleurir des innovations jouant avec les limites du système… Certaines sociétés continuent de profiter du flou juridique et d'une application très clémente des textes pour continuer à alléguer sans autorisation préalable.
A noter que si l’industriel persiste à incorporer des annonces mensongères sur les étiquettes de ses produits alimentaires, il encourt jusque 375.000 € d’amende…
Les 550 allégations autorisées sont autant de nutriments dans lesquels puiser pour de futures innovations.
Certains ingrédients peuvent se prévaloir d’un bénéfice santé perçu à défaut d’un bénéfice prouvé au sens de l’EFSA…
Comme Danone avec son test C Optima, les industriels peuvent mettre en avant un nutriment sans promesse attachée, à condition qu'il soit en quantité suffisante dans le produit.
Le simple fait de parler de vitamine C ou de superfruits suffit à évoquer une connotation santé.
La valeur santé des aliments passe bien souvent par leur caractère naturel. Par exemple, les consommateurs préfèrent les petites baies ancestrales aux formules trop chimiques et proches des médicaments.
Le goût est également à prioriser. Danone ne parle plus de bienfait sur la digestion, mais de plaisir. Ainsi, « l’Activia à Verser » fait « plaisir au petit-déjeuner ».
Spécial K de Kellogg’s s’est au départ positionné sur les céréales pour le petit déjeuner allégées en graisses et/ou en calories. Depuis la marque s’est étendue sur le terrain de la santé et du bien-être : sur la satiété et la gestion du poids, sur de nouvelles catégories, sous de nouvelles formes.
La tendance santé a été impactée à la fois par la crise économique et par la réglementation. Cependant le lien entre alimentation et santé est bien établi dans l’esprit des consommateurs.
On peut donc imaginer que les services recherche & développement ne baisseront pas les bras sur la sphère de la santé. Peut-être la Commission Européenne assouplira-t-elle la réglementation et sera plus clémente sur les dossiers en « re-soumission » ?
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