Résidus de médicaments dans l’eau: nouvelles stratégies face aux risques émergents

Le 06 décembre 2011

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Le 1er Plan National sur les Résidus Médicamenteux (PNRM) a été lancé le 30 Mai 2011. Il a pour but l'amélioration des connaissances sur les effets de ces substances présentes dans l'eau. La capacité des entreprises à prendre part aux enjeux de Santé Publique et à en comprendre les mécanismes leur permet d'innover sur les risques émergents.

L’amélioration des connaissances en Santé Publique crée de nouvelles attentes et de nouveaux besoins

Près de 30 000 tonnes de médicaments achetés par an ne sont pas utilisés. Lorsqu'ils ne sont pas ramenés en pharmacie grâce au circuit Cyclamed, les médicaments ne sont pas correctement détruits et se retrouvent dans les réseaux d'eaux usées et les stations d'épuration. Lorque les médicaments sont consommés, les urines et fèces des populations humaine et animale sont la principale cause de rejet de résidus médicamenteux dans l'eau. C'est ainsi qu'en Janvier 2011, une étude réalisée par l’ANSES (Agence Nationale de Sécurité Sanitaire) a démontré que même si la concentration cumulée est inférieure à 25ng/L (soit 0,025 pour un milliard !), plus de 90% des échantillons testés en eaux traitées présentent des traces de molécules médicamenteuses.
Les principales sources de rejets sont : l'habitat résidentiel, les établissements de soins, l’industrie pharmaceutique, l’industrie chimique fine, les élevages animaliers et piscicoles, les cabinets vétérinaires, les abattoirs, les centres d‘équarrissage et, pour finir, les épandages de boues de station d’épuration. C'est par ces sources multiples que des résidus médicamenteux, après avoir été en partie dégradés par les stations d'épuration ou par biodégradation, se retouvent dans les rivières et les nappes souterraines.

Extrait du Communiqué de Presse lançant le PNRM
30 mai 2011

"Il apparait essentiel d'évaluer le risque éventuel lié à la présence de ces molécules, tant pour l'homme que pour les écosystèmes, et d'engager des actions de réduction de la dispersion médicamenteuse dans l'eau. C'est l'objectif de ce premier Plan national sur les résidus de médicaments dans l'eau."

Les quantités mesurées lors de l'étude sont infimes et les conséquences environnementales et sanitaires sont mal connues. Cette situation renforce la suspicion d’une possible pollution de l’eau par les résidus médicamenteux. L'émergence de cet enjeu de Santé Publique crée de nouvelles interrogations mais aussi de nouvelles attentes. La thématique est classée dans les risques émergents. Elle est considérée comme une priorité dans le Plan National Santé-Environnement 2 (PNSE 2 action 47).C’est dans ce contexte que les pouvoirs publics ont publié, le 30 Mai 2011, le premier PNRM

Le Plan National sur les Résidus Médicamenteux s’articule autour de trois axes : 

  • Evaluation des risques environnementaux et sanitaires
    L'objectif de cet axe est de renforcer la connaissance de l’état des milieux aquatiques et d'améliorer la compréhension des conséquences environnementales et sanitaires de l’exposition aux résidus de médicaments.
  • Gestion des risques environnementaux et sanitaires
    Après un état des lieux, il sera possible de fixer des valeurs-limites de rejet dans l'eau et de mettre en place une surveillance pérenne pour assurer une qualité environnementale et sanitaire de l'eau. Des mesures préventives sont à envisager telles qu’une nouvelle procédure d’autorisation de mise sur le marché de nouveau médicament. Elle permettra d’évaluer les impacts socio-économiques, sanitaires et environnementaux du produit. Des mesures curatives sont également prévues telles que l'amélioration du traitement des eaux usées et des eaux potables.
  • Renforcement et structuration des actions de recherches
    Pour soutenir les deux premiers axes, des actions de recherches vont être menées. Des programmes pluridisciplinaires et multi-partenariaux seront lancés. On peut évoquer le développement d'outils d'évaluation des effets écotoxiques et sanitaires pour des mélanges de résidus de médicaments (effet cocktail).

 

Stratégies des entreprises intégrant l’enjeu des micropolluants dans l’eau

            Identifier les sources de rejets

Pour évaluer et gérer les risques environnementaux et sanitaires des résidus médicamenteux, il est nécessaire de développer des outils répondant à de nouvelles exigences. L’analyse-contrôle doit être de plus en plus précise, tant par l'identification de la source de rejet que par l'identification des composants du rejet. Selon que la zone soit plutôt urbaine ou agricole, les molécules à analyser sont différentes. L'analyse-contrôle permet de faire un état des lieux et de mettre en place des mesures correctives les plus adaptées au milieu. Elle permet aussi une surveillance pérenne du respect des valeurs-limites des rejets. En ce qui concerne les médicaments, aucune valeur-limite n'est définie pour l'instant.

 

            Traiter de nouveaux polluants en concentration de plus en plus infimes 

Les installations d’assainissement actuelles sont conçues pour traiter l'eau à partir des paramètres physico-chimiques dits classiques (azote, phosphore, matières en suspension, matières organiques…). Elles ne sont donc pas conçues pour éliminer les résidus médicamenteux. Mais avant de développer des méthodes d’amélioration des stations d’épuration, il est important d’apprécier le coût-efficacité car la quantité d’eau à traiter reste très importante pour d'infimes concentrations de polluants. L’une des mesures correctives alternatives est l’épuration à la source : La mise en place d’une micro-station d’épuration permet de traiter des effluents concentrés avant leur dilution dans les réseaux d'eaux usées. Les hôpitaux se dotent progressivement de ces appareils mais l'habitation individuelle peut devenir un autre marché, d'autant plus que le développement de l'hospitalisation à domicile y déplace des sources de pollution. 
Si actuellement le PNRM insiste sur une meilleure connaissance de la situation et de ses conséquences, des valeurs-limites pourront être prochainement définies. De plus, au niveau communautaire, la Directive Cadre sur l'eau a pour objectif d'atteindre un bon état de la qualité des eaux en 2015. L’épuration à la source permet d’anticiper les changements à venir.

 

               Réduire les doses à la source

La prise de conscience du cumul de médicaments dans les eaux incite à repenser l'administration des traitements. La prise en charge individualisée permet un dosage des médicaments plus approprié. Il est donc plus facile de réduire les doses et, par conséquent, les principes actifs. C'est pourquoi l'automédication ou l'échange de produits pharmaceutiques sont vivement déconseillés. En parallèle au réajustement des doses, le développement de la chimie verte en pharmacologie permet la création de produits ayant une meilleure dégradation dans l'environnement naturel. Il est donc possibe de réfléchir à de nouvelles méthodes permettant de réduire les doses à la source et de faciliter la diminution des résidus médicamenteux dans l'eau.

 

Une approche globale et progressive du bon état de la qualité des eaux

La qualité de l'eau est un réel enjeu de Santé Publique incitant à l'amélioration des connaissances dans ce domaine. Si les efforts sont actuellement concentrés sur les médicaments, d'autres plans coexistent (Plan Ecophyto, Directive Biocides). Ils ont tous pour but de réduire la présence des micropolluants dans l'environnement. De plus, d'autres substances seront prochainement prises en compte. Le PNRM stipule que "la problématique des résidus de produits cosmétiques devra faire néanmoins l'objet de mesures futures" (page 5). L’atteinte du bon état de la qualité des eaux concerne tous les acteurs : citoyens, pouvoirs publics mais aussi entreprises. Raison de plus pour les entreprises de développer de nouvelles réponses à ces futures exigences, que ce soit par la prévention, la mesure ou le traitement.

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