WORLD SOLAR CHALLENGE : 3000 km sans une goutte de carburant !

Le 31 octobre 2011

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L’équipe japonaise de Tokaï University vient de remporter la 11ème édition de la World Solar Challenge. Cette compétition, créée en 1987, se déroule tous les 2 ans en Australie. 3021 km à parcourir entre Darwin et Adélaïde, uniquement mu par l’énergie solaire. Cette année, 39 équipes du monde entier sont venues tenter l’aventure.

Retour sur l’édition 2011

Si lors de la première édition la moyenne horaire du vainqueur était de 65 km/h, aujourd’hui les japonais ont pu remporter le titre grâce à une vitesse moyenne de 91km/h et des pointes à plus de 140 km/h. C’est dire les progrès technologiques réalisés en 14 ans. Ils n’ont pourtant pas battu leur propre record de 2009 car cette année les conditions climatiques ont été particulièrement difficiles : nuages, vent, feux de broussailles et même pluie….La compétition pour une place sur le podium a été rude puisque les 3 premières équipes sont arrivées dans un mouchoir de poche : les hollandais de l’université de Deflt 2ème à quelques minutes des vainqueurs et les américains de l’université du Michigan 3ème à à peine plus d’une heure du premier. De nombreux compétiteurs ont eu des problèmes de fiabilité de leur véhicule particulièrement avec leurs batteries. L’équipe des Philippines a même vu les siennes (Lithium Ion) s’enflammer.

Seules 7 équipes ont pu rejoindre Adélaïde en moins de 6 jours (temps imparti par les organisateur avant l’arrêt de la course).

 

Une compétition technologique internationale

Il ne faut pas croire que la World Solar Challenge soit une compétition d’étudiants sympathiques venus faire la fête en Australie. Si l’on regarde de près les sponsors des 3 équipes qui ont dominé la course, on s’aperçoit que les universités s’adossent à d’importantes entreprises partenaires qui utilisent cette compétition comme un véritable laboratoire de développement de technologies du futur, mais également comme outil de communication.

 

  • Tokaï Université est largement sponsorisée par Panasonic présent dans les domaines des panneaux solaires et batteries, Yamaha participe également au financement de ce projet.
  • Delft University est sponsorisé depuis 12 ans par la société Nuon (fournisseur N°1 d’électricité en Hollande), et vient de signer quelques gros contrats, notamment avec la société Dell. Par ailleurs, elle peut compter sur des partenaires prestigieux comme Michelin qui fournit les pneumatiques et Panasonic (encore eux) pour les batteries.
  • Quant à l’université du Michigan c’est l’important secteur automobile américain qui leur vient en aide ainsi dans les principaux sponsors nous voyons apparaître les noms de Ford et Général Motor. Secteur que l’on retrouve parmi les partenaires techniques :  Molex, Chrysler ou Bosch. Mais leur premier soutien vient d’une jeune entreprise américaine IMRA spécialisée dans les technologies Laser (appareil de mesure, traitement de surface…).
Enfin, on notera avec intérêt qu'un acteur majeur de l'économie française Véolia a tout simplement décider de sponsoriser l'organisation de cette compétition qui quelques jours avant le départ a éte rebaptisée : Véolia World Solar Challenge.


2013: le retour d'une équipe française

Cette année 39 équipes représentant de nombreux pays (Iran, Turquie, Malaisie, Inde, Chili…) étaient présentes sur la piste, mais pas une seule participation française ! Cela signifie t-il que nos étudiants n’ont pas l’esprit de compétition ou qu’ils ont du mal à trouver des entreprises françaises pour soutenir de tels projets… ?

Les Bretons ont donc décidé de relever le défi, en créant en 2010 Eco Solar Breizh : une association qui regroupe des écoles et des entreprises bretonnes afin de proposer un prototype pour l’édition de 2013.
Déjà de nombreuses compétences sont venues se joindre à l’équipe universitaire comme l'Insa, l'Enib, l'IUT de Brest, mais également des entreprises privées avec des compétences pointues comme:

  • AC systèmes qui développera les algorithmes embarqués,
  • Barbet Technologies dont de nombreux composants ont déjà fait leurs preuves aux 24h du Mans ou dans le circuit de la F1 (actionneurs, alimentations…),
  • Lanix dans le domaine de la simulation numérique,
  • Sorvitech spécialiste de la radiofréquence et de l’électronique embarquée.
  • La société américaine PTC&4CAD a récemment rejoint l'équipe pour optimiser la conception 3D du prototype.
Le projet Eco Solar breizh est labellisé par le pole de compétivité ID4CAR, car il correspond à une véritable nécessité : rapprocher les entreprises et les universités autour de 3 thématiques importantes pour le véhicule de demain :
  • L’allégement du véhicule et l’intégration de composites,
  • L’électronique embarquée pour aider le conducteur dans sa conduite et gérer la consommation d’énergie,
  • La récupération de l’énergie : transformation de l’énergie cinétique en électricité, thermo-électricité….
Si l’aventure vous tente, venez rejoindre l’équipe d’Eco Solar Breizh pour participer à l’édition 2013. Pour gagner ce type de compétition, avoir de bonnes cellules solaires et des batteries fiables ne suffisent plus, il faut également être créatif en matière d’allégement du véhicule et d’électronique embarquée pour définir la meilleure stratégie de course.

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