Santé-Environnement : les enjeux économiques du plan régional

Le 28 octobre 2011

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Enjeux majeurs de santé publique, les impacts des facteurs environnemtaux sur la santé sont l'objet de toutes les attentions. Les plans d'actions mis en place au niveaux nationaux et régionaux font évoluer les conditions stratégiques du développement des entreprises

Nouveaux enjeux de Santé Publique en France

Les études et projets européens et nationaux se multiplient pour mieux comprendre le lien entre santé et environnement. Même si les liens de causalité sont nombreux et complexes, une vérité est établie : la qualité de l’environnement influence la santé humaine. Pour ne parler que de pathologies infantiles, de nombreux polluants, notamment les dioxines, se révèlent dangereux même avant la naissance. Ils peuvent avoir des conséquences à court terme pour le fœtus et à long terme pour l’enfant. En France, on compte annuellement 1500 nouveaux cas de cancers de l’enfant, la moitié survenant avant 6 ans. Certains cancers peuvent résulter d’une exposition in utero (ex : distilbène).

Cette situation amène les pouvoirs publics à réagir en curatif et en préventif. Le 1er PNSE (2004-2008) avait pour objectif de faire un état des lieux de la situation de la Santé-Environnement en France. Il a permis de coordonner les actions afin de structurer une politique française dans le domaine. Actuellement, le 2ème PNSE (2009-2013) est constitué de deux axes prioritaires : améliorer la qualité des milieux et réduire les inégalités environnementales. Le PNSE est décliné au niveau de chaque région afin de mieux répondre aux spécificités de chacune d’entre elles.
 

Etat des lieux de la Santé Publique en Bretagne

Taux de mortalité et causes de décès

L’espérance de vie de la population bretonne est de 75,5 ans pour les hommes (76,8 ans en moyenne nationale) et de 83,3 ans pour les femmes (83,7 ans en moyenne nationale), en 2004.
Bien que le taux de mortalité en Bretagne tende à se rapprocher de la moyenne française, on observe une surmortalité générale et prématurée particulièrement marquée chez les hommes. Les deux principales causes de décès en Bretagne sont les maladies circulatoires et les tumeurs. Les décès par tumeurs concernent davantage les hommes. La tumeur principale est le cancer des poumons. Les maladies de l’appareil circulatoire sont, quant à elles, la première cause de décès chez les femmes. 
Cependant, la région est très inégalitaire concernant son taux de mortalité. La situation en Ille-et-Vilaine est souvent proche de la moyenne française. A l’inverse, les autres départements enregistrent une surmortalité pour les deux principales causes de décès. Le Finistère présente même une surmortalité par cancer du poumon à la fois chez les hommes et chez les femmes. L’atlas de la mortalité par cancer, réalisé par l’ORSB en 2009, confirme que la Bretagne est une région très inégalitaire, la plus inégalitaire des régions ayant réalisé cette même étude.

Sensibilité des Bretons à l’égard de l’environnement

La première enquête d’opinion sur la santé-environnement a eu lieu en 2007, elle est appelée baromètre santé-environnement. Concernant les problématiques transversales, près de 3 Bretons sur 4 se déclarent « sensibles » voire « très sensibles » face aux « problèmes d’environnement ». Histogramme - perception des risques santé par les BretonsIls sont également nombreux à exprimer des craintes pour leur santé à cause de l’environnement. Par rapport aux autres régions, la population bretonne a certaines spécificités : elle a une meilleure connaissance des risques liés au radon (gaz radioactif provenant de la désintégration de l’uranium et du radium présents en quantité importantes dans les sous-sols granitiques ou volcaniques) et à la pollution des sols. Elle émet une réserve plus importante vis-à-vis de l’eau au robinet alors que les Bretons la classent en avant dernière position des facteurs de risque liés à l’environnement. Elle a un ressenti moindre de la pollution de l’air extérieur sur la santé.

 

 

 

Perception des Bretons sur le risque d'être affecté par une de ces maladies au cours de leur vie.

Qualité environnementale de la Bretagne

L’impact de la pollution de l’air sur la santé reste réel et non négligeable, même si les niveaux de pollution restent globalement en dessous des valeurs réglementaires. Le secteur le plus émetteur est celles des transports.
La qualité d’air intérieur est une problématique récente qui touche toutes les régions. Chacune fait face à des causes différentes. L’exposition au radon, liée au type de sous-sols, est responsable de 200 morts par an en Bretagne. Mais la région est peu concernée par les problématiques de saturnisme ou d’intoxications au monoxyde de carbone.
Le constat de la qualité de l’eau est contrasté. L’eau potable est de bonne qualité grâce au traitement de l’eau et à l’abandon des ressources les plus polluées. Cependant, les eaux brutes restent de qualité médiocre. Cette situation augmente le risque de propagation d’algues vertes et de contamination microbienne des zones de pêche à pied. 
 

Le Plan Régional Santé-Environnement de Bretagne

Conjuguant les orientations stratégiques du Plan National Santé Environnement et les spécificités régionales bretonnes, le Plan Régional Santé Environnement a été mis à jour. Mme Anne Vidy, chargée de mission PRSE et Mme Béatrice Gautier-Grall, chargée de mission air intérieur, à l'Agence Régionale de la Santé de Bretagne nous parlent de sa mise en oeuvre.

Mise en œuvre du PRSE

Le Programme Régional Santé-Environnement (PRSE) n’est pas une déclinaison stricte du Plan National Santé-Environnement (PNSE). Après l’évaluation du PRSE1 (2004-2008), un manque de visibilité de la politique menée et de travail en partenariat a été constaté, notamment avec les collectivités. C’est pourquoi le PRSE 2 a débuté par une période de réflexion et de concertation de deux ans, avec une participation forte de différents acteurs (plus de 300 participants). Le 26 Août 2011, un programme répondant plus précisément aux besoins de la Bretagne a été signé conjointement par le préfet de région, le président du conseil régional et le directeur régional de l’agence régionale de santé.
Au-delà d’une sensibilisation de la population, c’est une véritable culture de la santé-environnement qui est recherchée. Il s’agit d’une nouvelle façon d’appréhender la santé en prenant en compte l’environnement au sens large, en termes de qualité de vie. Le PRSE-Bretagne (2011-2015) recense 12 objectifs déclinés en 37 actions. Ces actions ne sont pas figées mais évolueront au fur et à mesure des connaissances et des besoins.

Quelques chantiers de la Santé-Environnement en Bretagne

 PRSE Bretagne - programme complet

Priorité : la toxicité chronique à faibles doses
Une priorité est portée sur les risques chimiques car désormais c’est la toxicité chronique à faibles doses qui pose question. Les effets se manifestent généralement à long terme et dépendent de multiples facteurs d’exposition qui peuvent interagir entre eux. C’est ce qu’on appelle « l’effet cocktail ».

Mise en avant de produits moins nocifs
Pour sensibiliser la population à la vigilance concernant les produits chimiques et les poussières, la faisabilité de transposer  la charte « jardiner au naturel » sera étudiée avec les magasins de bricolage pour mettre en avant les produits moins nocifs.

Importance de l’environnement intérieur
Le PRSE cherche à développer le conseil médical en environnement intérieur pour les patients asthmatiques ou allergiques. Cette nouvelle façon d’appréhender le lien entre santé et environnement permet de mieux analyser son environnement intérieur et de mieux repérer les sources ou situations d’expositions. Cette prestation est très peu développée mais a un fort potentiel au niveau de la demande compte tenu de l’augmentation des pathologies respiratoires

Ventilation, aération : des déterminants majeurs de la qualité d’air intérieur
La santé doit être un critère dès la conception ou la rénovation de bâtiments. Les conditions d’aération et de ventilation sont essentielles pour disperser les polluants intérieurs. Le sous-sol breton a d’autant plus une spécificité : la concentration en radon. Il est en cause dans 20% des décès par cancer des poumons. Un plan d’action sur le radon sera bientôt expérimenté pour sensibiliser à nouveau la population à ce sujet.

Conseils aux entreprises

Elargir sa vision de la santé-environnement

Comprendre l’émergence de nouveaux critères dans la demande des clients
La meilleure connaissance de l’impact sur la santé de la qualité de l’environnement sensibilise progressivement toute la population à ce nouvel enjeu. Cela se traduit par une évolution des comportements et des attentes des citoyens pour des produits ou des procédés plus respectueux de la santé et de l’environnement. Les entreprises doivent rester réceptives à la montée de ces nouveaux critères d’achat.

Intégrer les impacts santé dès la conception des produits ou projets
Mieux qu’une approche curative coûteuse et complexe, il est important de réfléchir aux impacts sur la santé d’un produit ou d’un process dès sa conception. Différentes méthodes existent telle que l’analyse de cycle de vie d’un produit ou l’étude d’impact santé d’un projet plus global (ex. : construction d’un quartier). Cette réflexion en amont permet de mieux maitriser les coûts et les risques à long terme.

Dépasser la sécurité sanitaire pour viser la qualité de vie
Les enjeux de la santé-environnement ne recouvrent pas seulement la réduction des risques pour la santé mais aussi la recherche d’amélioration de la qualité de vie. Le traitement des polluants peut évidemment être curatif, mais aussi préventif : un bâtiment ayant un bon système de ventilation est un bâtiment sain où le confort est assuré. Le lien entre santé et environnement peut être perçu et présenté par une approche positive.

Adapter sa stratégie de marchés

Développer des éco-produits moins impactant pour la santé
Mieux vaut prévenir que guérir ! Plutôt que de devoir gérer le risque sanitaire lié à son produit, l’entreprise a intérêt à développer un produit alternatif moins impactant et constituant du même coup un avantage concurrentiel. Cette démarche d’éco-conception, qui fait notamment appel aux éco-matériaux, est encouragée par les évolutions réglementaires (ex : REACH) autant que par les attentes des clients.

Répondre aux besoins d’analyse, de mesure et de contrôle
L’amélioration des connaissances scientifiques sur les effets sanitaires de certaines substances suscite la définition de seuils réglementaires d’exposition. Pour un nombre croissant de substances, chacun veut s’assurer de sa conformité à des niveaux réglementaires de plus en plus bas. Cette demande croissante et pérenne nécessite des capteurs et appareils de mesure toujours plus performants et de nouvelles prestations d’analyse.

Optimiser le traitement des pollutions et des milieux
A chaque nouveau polluant identifié, les systèmes de traitement des flux ou des milieux doivent innover et démontrer leur efficacité, qu’il s’agisse de permettre des opérations curatives ponctuelles ou des traitements continus in situ.  Les secteurs d’application ainsi que les substances à traiter auront tendance à augmenter avec l’amélioration des connaissances sur ces enjeux ainsi qu’à la sensibilité grandissante des citoyens à ce sujet.  

Sources

www.prse-bretagne.fr
www.ars.bretagne.sante.fr

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