Les débuts de Better Place d'ici quelques semaines

Le 08 septembre 2011

Partager sur Facebook Partager sur Twitter Partager sur Viadeo Partager sur LinkedIn
Fondée il y a 4 ans par Shai Agassi, l’entreprise Better Place existe depuis sa création par la communication intense et mondiale créée autour du concept innovant d’opérateur de mobilité électrique.

Better Place a signé des partenariats très nombreux avec des énergéticiens, des collectivités du monde entier ainsi qu’avec le constructeur Renault mais a aussi réalisé des levées de fond importantes crédibilisant le projet. Lié aux échéances de lancement commercial de la gamme électrique de Renault, le projet Better Place va passer du concept à la réalité avec le lancement de Renault Fluence à l’automne et le lancement de son offre eMobility au Danemark,  « laboratoire » du concept de Shai Agassi.

Le changement de modèle proposé par Better Place

Adopter le véhicule électrique en ayant en référence les avantages du véhicule thermique suppose d’accepter un coût d’achat aujourd’hui plus élevé (essentiellement dû au prix de la batterie) pour une autonomie réduite (autour de 150 km). Dans le modèle Better Place, la batterie n’est pas vendue avec la voiture, ramenant son prix à un niveau proche d’un modèle thermique équivalent. Un forfait passé avec l’opérateur inclut la mise à disposition d’une batterie et l'accès à un réseau de recharge électrique. Outre les bornes de recharges "classiques", les stations "Quikdrop" d’échange de batteries autorisent les parcours plus longs sans contrainte de recharge. Le concept vise à faire du véhicule électrique une solution de mobilité simple et évidente.

 

Le Laboratoire Danois de Better Place

C’est au Danemark que Better Place doit démarrer son offre d’ici la fin d’année 2011. Better Place a noué très tôt un partenariat avec Renault qui doit commercialiser cet automne la Fluence électrique. Better Pace a inauguré sa première station d’échange de batteries à Copenhague en juillet 2011 et a prévu d’en installer 19 au total, en plus des bornes de recharge électriques. L’opérateur, en lien avec Renault, a également lancé durant cette année le premier « Centre Better Place » qui a vocation à sensibiliser et informer les danois de la nouvelle offre eMobility. Il faut noter que ce projet résulte d’un partenariat assez inédit par sa taille entre plusieurs acteurs privés et publiques, qui associe Dong Energy (producteur d’énergie renouvelable), Renault et 45 municipalités danoises. L’engagement de l’ensemble des acteurs porte sur 100 000 véhicules en circulation d’ici 2016 et une offre couvrant l'ensemble du territoire.

 

Les tarifs annoncés au Danemark et en Israël

Better Place a annoncé les tarifs pour les 2 projets les plus avancés au Danemark et en Israël :


Prix Renault Fluence

(sans batterie)

Prix des forfaits eMobility

Danemark

27 496 €

Forfait 40 000 km : 399 €/mois

Forfait 20 000 km : 199-249 €/mois

Israël

24 650 €

Forfait 30 000 km : 320 €/mois

Forfait 20 000 km : 218 €/mois

France

21 300 €

(prime déduite de 5000 € d’aide de l’état)

79 €/ mois

de location seule de la batterie

Prix catalogue Renault FLUENCE Dynamique DCI 110 FAP ECO2 : 23 000 €.

A travers ses chiffres, on le sent bien, le modèle économique de Better Place soutient difficilement la comparaison avec le modèle thermique sur le seul critère économique. En cause, le prix des batteries mais aussi des infrastructures qui imposent des investissements importants (500 k€ la station Quickdrop) et une logistique des batteries.

 

Danemark et Israël : un contexte particulier favorable au modèle Better Place

Des conditions particulières dans ces 2 pays permettent en effet au modèle Better Place d’espérer un espace de viabilité économique :

  • Forte volonté politique d’indépendance énergétique (en particulier au pétrole) et de soutien aux énergies renouvelables (30% d’énergie renouvelable dans le mix énergétique au Danemark, dont 20 % d’éolien).
  • Fiscalité importante sur les achats de véhicules thermiques et très incitative sur le VE : au Danemark, les automobiles neuves ont une taxe de 180 % et les véhicules électriques sont pour le moment totalement exonérés. La taxe sur l’achat de voiture est de l’ordre de 70 % en Israël. La politique fiscale pratiquée pour faire émerger le véhicule électrique est ainsi fortement incitative.
  • Une géographie des 2 pays assez réduite : Les 19 stations Quickdrop prévues au Danemark doivent permettre une mobilité électrique sans interruption sur l’ensemble du pays (stations éloignées de 70 km maximum les unes des autres).
  • Un partenariat public/privé permetant un consensus sur une vision moyen terme et un partage des risques.

 

Si les conditions particulières du Danemark et d’Israël ne sont pas encore réunies partout ailleurs, les expériences Better Place d’un nouveau modèle économique de mobilité, fruit d’un large partenariat public/privé, pourrait valider la viabilité d’un autre modèle de développement de la mobilité automobile. Better Place a noué plusieurs autres accords aux Etats Unis, en Australie, en Chine, très certainement en attente des résultats danois et israéliens.

A lire également

Voiture connectée : ZOOM sur Intel et le rachat de Mobileye

Le 17/03/2017

La voiture connectée ou voiture semi-autonome est le fruit de la collaboration des équipementiers, des compagnies de cartographie, du constructeur. Qui a ou aura le pouvoir ? Qui sera l'acteur central de ce marché ? Regardons l'impact du rachat de Mobileye par Intel dans l'environnement de la voiture connectée.

Voiture connectée : qui gagnera la bataille ? Cartographie ? ADAS ? Constructeurs ? - ZOOM sur Mobileye & HERE

Le 10/03/2017

La voiture connectée ou voiture semi-autonome est le fruit de la collaboration des équipementiers, des compagnies de cartographie, du constructeur. Qui a ou aura le pouvoir ? Qui sera l'acteur central de ce marché ? Regardons les liens tissés par Here, pour la cartographie, et Mobileye, pour la capture de l'environnement du véhicule.

Décret - Véhicules à faibles et très faibles émissions : Quels véhicules sont concernés ? Où ? Quand ?

Le 23/02/2017

La législation française en matière de définition des véhicules propres évolue dans le cadre d'une procédure voulue plus transparente. Après une consultation publique par le Ministère de l'Environnement (MEEM), les décrets qui définissent les véhicules à faibles et à très faibles émissions sont sortis.