Avec la hausse des matières premières, un autre rapport de force entre constructeurs et équipementiers

Le 23 août 2011

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Quand PSA et Renault annoncent au 1er semestre 2011 une dégradation de leur marge liée pour une grande partie à la hausse du prix des matières premières, certains grands équipementiers comme Michelin ou Faurecia annoncent une croissance de leur marge grâce notamment à une bonne répercussion de la hausse de leurs coûts matières sur leurs clients.

L’accélération de la croissance du prix des matières premières

Après les épisodes successifs de la flambée des cours des matières premières et du pic de 2008, puis de la baisse lors de la crise économique et financière de 2009, les prix des matières premières comme l’acier, matériaux de base de l’industrie automobile, retrouvent une tendance haussière se rapprochant peu à peu des plus hauts niveaux de 2008.

 

Prix de l'acier plat - Origine fédération fraçaise de l'acier

Source: Fédération Française de l’Acier - mai 2011

 

L'acier devrait suivre la tendance du graphique et augmenter en 2011 de l'ordre de 10% après une augmentation de 25% en 2010.

 

Les constructeurs pris en tenaille

La publication des comptes semestriels des constructeurs et des équipementiers donne des indications sur l’impact de cette hausse et leur répartition.

Dans l'incapacité de répercuter la hausse des prix sur leurs clients, les constructeurs enregistrent une dégradation de leur marge. Le groupe PSA indique un impact de 334 millions d’euros sur le premier semestre et une projection annuelle de 700 millions d’euros. Cela représente presque 40 % de la marge opérationnelle du groupe en 2010. Renault indique de son côté un impact de 600 millions d’euros en 2011, soit de l’ordre de 60% de sa marge opérationnelle de 2010.

En aval, certains grands équipementiers semblent avoir pu répercuter ces hausses dans leurs prix. Dans le mouvement de consolidation de la filière, les constructeurs ont en effet face à eux des fournisseurs moins nombreux mais plus forts et plus aptes à négocier dans le rapport de force qui oppose traditionnellement constructeurs et équipementiers, en particulier des clauses nouvelles qui permettent de réviser les prix en fonction des cours de matières premières. Résultat: certains grands équipementiers annoncent avoir pu reporter les surcoûts d’achat de matières premières sur leurs clients constructeurs et affichent des résultats en hausse : Michelin indique avoir pu répercuter l'intégralité de la hausse des prix des matières premières sur ses clients au 1er semestre 2011 et affiche une croissance de sa marge opérationnelle. Faurecia annonce avoir répercuté 70 % du surcoût mais continu de négocier avec ses clients.

Si ces grands équipementiers ont pu revoir leur conditions commerciales avec les constructeurs, la situation doit être beaucoup plus contrastée entre les fournisseurs de rang 1 et leurs propres fournisseurs, ceux-ci devant être très fragilisés par la hausse et la volatilité du coût des matières.

 

Des marges de manœuvre réduites à court terme

A court terme, pour les constructeurs, le levier principal reste la contribution des plans de productivité internes pour compenser ces hausses. Mais ces plans ne seront probablement pas suffisants pour compenser l’importance de la hausse des coûts des matières premières, comme l’a indiqué Philippe Varin pour le groupe PSA en 2011. Renault espère quant à lui "couvrir à minima le coût d'augmentation des matières premières par le plan monozukuri" (le monozukuri est la méthode de réduction des coûts de Renault inspirée des méthodes Nissan et basé sur l'optimisation globale de la chaîne de valeur)

 

En 2 ans, grands équipementiers, grands fournisseurs d’énergie ou de matières premières comme les sidérurgistes ont modifié leurs contrats de fourniture en incluant des clauses de révisions des prix, parfois trimestrielles, pour se protéger des hausses et de la volatilité des prix des matières premières et de l'énergie. Ces mécanismes semblent avoir tendance à réequilibrer la pression exercée sur les prix par un effet ciseaux sur les constructeurs et probablement sur les plus petits sous-traitants. Pour en sortir constructeurs et équipementiers sont engagés dans un deal gagnant/gagnant pour inventer conjointement les solutions techniques qui permettront de baisser l’emploi de matières premières chères.

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