La place du bi-mode dans la stratégie électrique de Renault

01/07/2011

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Renault : Stratégie de réduction des emissions de CO2

Pour faire face à l’exigence de réduction des émissions de CO2, les constructeurs sont amenés à développer des stratégies permettant de réduire les émissions du parc de véhicules vendus. Renault a clairement choisi un positionnement sur le développement d’une gamme de véhicules électriques, la gamme ZE « Zéro Emission ». Renault fait ainsi le pari que les conditions nécessaires sont réunies pour voir émerger le marché du véhicule électrique : prix du pétrole, pression sur la baisse des émissions de CO2, niveau de maturité des technologies, engagement des Etats en particulier dans la mise en œuvre d’infrastructures et évolutions des habitudes de consommation. Le groupe mise sur un marché de 6 millions de véhicules électriques en 2020.

Le groupe a ainsi exclu son positionnement sur la technologie d’hybridation, comme le font d’autres constructeurs. Renault travaille néanmoins discrètement sur la technologie dite « bi-mode ». Si l’hybride est dotée de 2 motorisations (thermique et électrique) qu’il faut coupler, le bi-mode reste une motorisation électrique mais dispose d’un prolongateur d’énergie. Renault travaille depuis plusieurs années sur cette technologie :

  • En 2002, le constructeur avait lancé un véhicule "bi-mode", baptisé Kangoo Elect’road, mais il n’a été produit qu’à 500 exemplaires. Equipé de batteries Nickel Cadmium pouvant lui conférer une autonomie de 80 kilomètres en cycle urbain, ce véhicule était pourvu d’un groupe électrogène permettant de prolonger son autonomie jusqu’à 170 km. A cause de ses performances (manque de puissance, 1800 kilos à vide, consommation de 9 litres aux 100km pour l’alimentation du groupe électrogène sous dimensionné par rapport à la puissance du moteur électrique…), ce véhicule n’a pas eu le succès escompté et Renault a stoppé sa production en 2005.
  • En 2006, Dassault, par l’intermédiaire de sa filiale commune d’alors avec Heuliez, SVE (Société du Véhicule Electrique), en partenariat avec Saft pour les batteries et le canadien TM4 pour le moteur électrique, présentait son véhicule électrique : la Cleanova. Il s’agissait de caisses de Kangoo et de Scenic fournies par Renault aménagées par SVE en version 100% électrique avec prolongateur d'énergie. Malgré des performances honorables (200 Km d’autonomie à 100 Km/h pour le modèle 100% électrique), le rôle de Renault dans la coopération s’est cantonné à fournir les caisses de Kangoo et de Scenic.
  • En 2008, Renault avait présenté son concept car Ondelios, hybride diesel équipé d’un moteur 2,0 litres dCi et de deux moteurs électriques de 20 kw.
  • En 2009, un programme de recherche labellisé par l’ADEME concernant une motorisation intermédiaire entre le thermique et le tout-électrique a vu le jour : le projet VELROUE (Véhicule Utilitaire Leger hybride bi-mode). En partenariat avec Michelin et l’IFP Energies nouvelles, Renault a développé un véhicule bi-mode. Il possède deux modes de fonctionnement : un mode électrique grâce aux deux moteurs-roues développés par Michelin (système Active Wheel) implantés sur le train arrière alimenté par un pack de batteries. Une mode toujours électrique mais alimenté par le moteur diesel (prolongateur d’autonomie « range extender »). L’avantage de cette motorisation bi-mode est de pouvoir rouler en mode tout électrique « zéro émission », tout en possédant l’autonomie d’un véhicule thermique. Pour Renault, les développements techniques portent sur l’architecture, la transition de mode, la liaison au sol, le freinage. VELROUE doit faire l’objet d’un démonstrateur qui sera présenté en 2011. La suite dira si Renault concrétise cette technologie par une nouvelle offre produit.

Le pari de Renault sur le tout électrique résulte entre autre d’une analyse des usages de l’automobile et de la place qu’un véhicule zéro émission d’une autonomie de 160 km pourrait prendre sur le marché. Comme Renault l’assène dans sa communication autour du VE, 87% des trajets journaliers sont en effet inférieurs à 60 km. Le VE répond donc à une majorité des usages quotidiens.

Le véhicule utilitaire bi-mode correspond à la possibilité de répondre à des usages spécifiques :

  • le mode électrique dédié à une utilisation en milieu urbain,
  • le mode thermique à un usage extra urbain avec l’autonomie d’un véhicule conventionnel.

La logistique urbaine trouverait avec ce type de véhicule une réponse possible aux enjeux auxquels celle-ci doit répondre : des livraisons en centre-ville « zéro émission » à partir de plateformes logistiques souvent situées assez loin des centres-villes et nécessitant une autonomie suffisante.

 

Pour aller plus loin: Le programme véhicules électriques de l'Alliance Renault-Nissan

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