Maintien à Domicile et Hospitalisation à Domicile : des marchés qui convergent

Le 23 juin 2011

Partager sur Facebook Partager sur Twitter Partager sur Viadeo Partager sur LinkedIn
Même si le MAD et la HAD semblent être des marchés différents, il existe beaucoup d’interactions et de synergies en termes d’enjeux, de besoins des intervenants, de technologies et de mutualisation de moyens. Les politiques publiques et les enjeux économiques vont pousser au rapprochement voire à la fusion de ces marchés.

La HAD, Hospitalisation A Domicile, est la réalisation de soins à domicile sous la responsabilité d’un établissement de santé. Le MAD, Maintien A Domicile, a pour objectif d’assurer le maintien et le bien être d’une personne à domicile, et peut également comporter des soins qui, dans ce cas, sont gérés par une structure de soins à domicile type SSIAD mais non rattachés à un établissement.

Au-delà du contexte du domicile, il existe plusieurs niveaux d’interactions entre MAD et HAD

Interaction MAD – HAD : réduction des coûts de déploiement

  • De MAD vers HAD : facilitation du déploiement HAD

Dans un contexte de MAD dans un logement, le déploiement en place des structures d’aide et/ou de soins à domicile faciliterait le déploiement des structures d’HAD (Hospitalisation à Domicile). En effet, les supports de communication type réseau ADSL ou couverture 3G, utilisés par la téléassistance ou télésurveillance non médicale, voire la coordination des intervenants pour le MAD, pourraient être utilisés pour la HAD.

  • De HAD vers MAD : mutualisation des besoins d’assistance

La période de soins en HAD nécessite de l’aide à domicile dans le cas d'une perte d’autonomie, et ce jusqu’au rétablissement d'un certain niveau d’autonomie. Cette période d'aide va au-delà de la période de soins en HAD. Il faut donc prévoir en parallèle une organisation de type MAD.

Par ailleurs, la mise en place de HAD peut nécessiter un équipement du logement afin d’assurer un minimum de transfert d’informations avec l’établissement de santé responsable. La HAD prenant fin (rétablissement du patient), l’équipement dédié serait en principe retiré. L’équipement TIC dédié HAD pourrait cependant servir pour les services de MAD et ainsi permettre de mutualiser les coûts d’installation des solutions. 

Les technologies « Grand Public » et les besoins du MAD et HAD

Les technologies « grand public » n’ont pas les mêmes niveaux de qualité, de performance et de fiabilité que les technologies utilisées dans le monde médical, mais peuvent suffire pour le MAD. 

En effet, prenons l’exemple de la webcam. Ce type de caméra n’a pas toutes les performances (résolution, sensibilité, respect des couleurs, etc) requises par le milieu médical pour de la télémédecine. Toutefois, ses performances sont suffisantes pour permettre une image propre, visible et interprétable, donc en adéquation avec les besoins des applications de type « réseaux sociaux » et/ou « télésurveillance » du MAD.

Cependant, les systèmes de « captation d’image » et de  « transmission de données » ne sont pas des technologies à proprement parler spécifiques au milieu médical. Ceci permet donc de développer des applications médicales à partir d’applications non médicales.

Pour exemple, un projet français, « Télap », Téléassistance aux soins de plaies, en expérimentation sur Caen et la région Basse Normandie, basé sur un modèle canadien (à Sherbrooke, ville du Québec),  repose sur l’utilisation une caméra type « Grand Public » et d’un téléphone mobile (avec une application embarquée) par une infirmière au domicile des patients pouvant ainsi bénéficier du soutien à distance par visioconférence d’une spécialiste des plaies.

Dès lors que ces solutions TIC auront fait leurs preuves en HAD, on peut y entrevoir un effet de levier quant au déploiement de solutions identiques d’assistance vidéo pour le MAD. En effet, la  reconnaissance par les professionnels et la meilleure acceptabilité par les patients (puisque la solution a montré son intérêt) permettraient aux structures de services à la personne de développer l’assistance par entretien vidéo :

  • coordination entre intervenants sociaux et médicaux
  • mises en relation avec le médecin (par ex.)
  • vidéoconférence avec les opérateurs de téléassistance

Il est donc possible pour les PMEs spécialisées dans les applications MAD d’étendre leurs offres vers certains services de HAD, puisque leurs besoins et les technologies sont proches de ceux du MAD. Cette opportunité concerne par exemple les entreprises qui développent des applications embarquées pour intervenants à domicile (dématérialisation pour réduction des coûts de fonctionnement et amélioration de qualité de service).

La nécessité et les enjeux de la communication entre acteurs du MAD et du HAD

Egalement abordés par la loi HSPT, (chapitre « Amélioration de l’Accès à des Soins de Qualité », définition du cadre juridique de la TM, télémédecine), les TIC doivent permettre d’assurer une meilleure communication et échange d’information au niveau de la coopération entre professionnels de la santé, mais également entre acteurs sociaux et professionnels de la santé.

Les enjeux d’une communication effective sont :

  • l’amélioration de la qualité de service à la personne,
  • l’amélioration des coûts d’intervention et de fonctionnement (charge),

et pour répondre à ces enjeux, des outils TIC communs au MAD et HAD peuvent être déterminants.

En conclusion

Il existe beaucoup de liens entre le MAD et la HAD, en termes d’enjeux, de besoins des intervenants, de technologies et de mutualisation de moyens. Il est donc important, pour une entreprise qui se positionne sur le MAD, de s’intéresser également à la HAD même si le nombre de personnes concernées est aujourd’hui plus faible.

En effet, du fait des contraintes budgétaires, le nombre de personnes en HAD (de tous âges) devrait considérablement augmenter par le développement des services de soins ambulatoires. Pour une entreprise, proposer une offre MAD pour personnes âgées et la décliner pour certains services HAD peut permettre de se préparer à la généralisation à terme de la HAD.

Sources

http://www.telap.org/wp-content/uploads/2011/01/fiche-info-patient.pdf
#
http://www.telap.org/wp-content/uploads/2011/01/101.pdf
#
http://www.sante.gouv.fr/la-loi-hpst-a-l-hopital-les-cles-pour-comprendre.html
#
http://www.sante.gouv.fr/IMG/pdf/vademecum_loi_HPST.pdf

A lire également

Des outils numériques au service de la relation pharmacien-patient

Le 06/08/2014

A la fois professionnel de santé et commerçant, le pharmacien d'officine est souvent le point d'entrée dans le parcours de soins. Son rôle de conseil a été renforcé par les récentes évolutions réglementaires. Dossier pharmaceutique, applications pour smartphones... : de nouvelles solutions servent de support à la relation pharmacien - patient.

La m-santé à la recherche d'un modèle économique

Le 14/05/2014

Les applications et dispositifs de M-santé se multiplient de façon exponentielle, notamment avec l'essor des objets connectés. Pourtant peu de services ont trouvé un modèle économique viable. Des récentes études du BCG et des exemples de services M-Santé déployés permettent d'esquisser des recommandations sur les business models à tester.

Contrat de Filière Silver Eco

Contrat de filière Silver Economie : analyse et recensement des actions engagées

Le 20/03/2014

Le Contrat de filière de la Silver Économie a été signé le jeudi 12 décembre dernier en présence d’acteurs privés et publics du secteur par Arnaud MONTEBOURG, Michèle DELAUNAY et Gilles SCHNEPP, président de la FIEEC et PDG de LEGRAND. 3 mois après son lancement, les premières actions sont lancées parmi les 60 propositions de ce contrat.