Les nouvelles pratiques de mobilité font évoluer le métier de taxi

Le 09 juin 2011

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Les systèmes de mobilité urbains sont en pleine mutation, et les taxis en font partie intégrante. Face à un certain conservatisme historique de la profession, de nouveaux acteurs montrent qu’il est possible de la faire évoluer.

Selon une étude menée par GfK Custom Research France (institut français réalisant) pour l’Institut pour la ville en mouvement, seulement 0,5% des déplacements s’effectuent en taxi à Paris, mais 53% des Parisiens ont utilisé ce mode de transport au moins une fois dans les douze derniers mois. La raison ? Le taxi est incontournable dans les métropoles. Moyen de transport privilégié pour se rendre à l’aéroport, très utile pour se déplacer le soir ou la nuit ou encore pour les déplacements professionnels, le taxi est indispensable dans certains cas de figure. A Londres, où l’usage du véhicule personnel en centre ville est moindre, 79% des résidents ont utilisé le taxi au cours des douze derniers mois, représentant 2% des déplacements.

Dans la perspective d’une mobilité décarbonée, le taxi restera un mode de déplacement capable de répondre à des situations spécifiques mais devra également évoluer.

 

De nouvelles offres de taxi voient le jour.

Pour répondre aux problématiques de prix élevé des courses et de pollution provoquée par le caractère individuel de ce transport, le taxi collectif se développe à Paris ou encore à New-York. Le principe est celui de l’autopartage et s’appuie sur les outils numériques d’aide à la mobilité. Certaines applications smartphone permettent de mettre en relation des personnes devant effectuer le même trajet afin qu’ils puissent mutualiser les coûts et dans le même temps réduire les émissions polluantes. (Ex: Projet Senda/Orange)

Pour faciliter la recherche d’un taxi libre ou pouvoir régler sa course simplement, les taxis deviennent connectés. Les nouvelles technologies permettent de proposer de nouveaux services comme la géolocalisation du taxi le plus proche, le paiement sans contact, ou encore la possibilité pour les usagers de se connecter à Internet à l’intérieur du véhicule.

 

La STEP lance une offre de taxis 100% électriques à Paris.Projet de taxi électrique STEP

C’est dans ce contexte qu’est apparu il y a peu de temps la Société du Taxi Electrique Parisien (STEP). Créée fin 2009 par 2 anciens banquiers, la STEP souhaite proposer une offre de transport zéro émission en développant une flotte de taxis constituée exclusivement de véhicules 100% électriques. L’offre devrait être opérationnelle au cours de l’année 2011 à Paris. Ce serait ainsi la première compagnie de taxis à baser son activité uniquement sur ce type de véhicule.

D’ici 2012, la STEP compte posséder 200 véhicules afin de proposer une offre cohérente sur l’ensemble du territoire parisien. Pour ce faire, elle devra racheter des licences parmi les 600 à 800 chauffeurs partant à la retraite chaque année.

Le parcours s’annonce difficile, mais les barrières surmontables selon les 2 dirigeants. Un taxi parisien parcourt en moyenne 200 kilomètres par jour; l’autonomie des véhicules électriques est aujourd’hui l’ordre de 150 km et les infrastructures de recharge sont encore quasi-inexistantes. Or la STEP envisage de proposer des services comparables aux dessertes des taxis classiques. La solution passe par le développement de son propre réseau composé de 70 à 100 bornes de recharge, qui pourra ensuite être partagé avec d’autres taxis électriques ou d’autres utilisateurs comme ceux d’Autolib’.

La nécessité de développer un autre modèle économique

Développer ce service nécessite une capacité d’investissement élevée pour financer le réseau et les véhicules électriques, plus chers à l’achat que les véhicules thermiques. Le coût d’exploitation d’un véhicule électrique est par contre bien plus faible qu’un véhicule thermique. Afin de rendre le modèle viable dans le cadre de tarifs réglementés, le principe retenu par la STEP est d’améliorer le taux d’exploitation des véhicules pour amortir des charges fixes d’investissement élevées. Il est ainsi prévu que deux chauffeurs effectuent chacun leur tour leur service sur un même véhicule. Dans le modèle des taxis indépendants (95% des taxis parisiens), le chauffeur rentre en effet à son domicile avec son véhicule une fois le service fini. La structure de coût du véhicule électrique par rapport au véhicule thermique impose ce modèle de fonctionnement mais s’oppose déjà au Syndicat de Défense des Conducteurs de Taxi Parisien qui menace de poursuivre la STEP au tribunal administratif pour non-respect de la convention collective sur les horaires pratiqués.

Par ailleurs, la STEP a conclu un partenariat avec la SNCF visant à réserver des emplacements à proximité des gares parisiennes pour recharger ses véhicules (possibilité de recharge durant les phases d’attente du client). Cet accord s’inscrit dans la volonté de la SNCF de prendre part à la formulation de nouvelles réponses quant au transport de ses usagers, en leur proposant un éventail de solutions de transport « porte à porte » et non plus de « gare à gare ».

 

Le secteur du taxi est touché par les mêmes mutations que la plupart des systèmes de mobilité urbains, et des solutions se développent dans les grandes métropoles (Londres, New-York, Tokyo, Paris…). Pour opérer ces changements, de nouveaux acteurs font leur apparition en lien avec les nouvelles technologies. Les acteurs historiques, en particulier la SNCF, sont parties prenantes et s’intéressent de près à ces nouvelles solutions pour compléter leur offre de mobilité.

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