Le mouvement slow encourage le consommateur à prendre son temps

Le 18 mai 2011

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TGV, restauration rapide, speed-dating, twitter, nous vivons à un rythme accéléré. Né dans les années quatre-vingt dans le domaine de l'alimentation avec Slow Food, le mouvement slow gagne peu à peu d'autres sphères de notre existence et voit son audience progresser.

Vers quel but invisible courons-nous ainsi ? La question ne date évidemment pas d'hier. En 1941 déjà Paul Morand écrivait "L'homme pressé", l'histoire de Pierre, un antiquaire "qui gâche tout par sa hâte fébrile à précipiter le temps. A cette allure vertigineuse, il ne goûte plus ce qui fait le prix de la vie. Il se consume et consume les siens en fonçant vers un but qu'il renouvelle, chaque fois qu'il l'atteint". Un personnage interprété au cinéma par Alain Delon dans les années soixante-dix.

On saute quelques décennies. Avril 2011 : la Foire de Paris célèbre le "slow time", invitation à "savourer lentement, repenser son cadre de vie, se retrouver soi-même, s'ouvrir aux autres et faire la fête". Pour illustrer ce programme séduisant, l'affiche met en scène une jeune femme tenant en laisse quelques tortues géantes. Parrain de cette édition : Carl Honoré, journaliste canadien auteur en 2004 du best-seller "Eloge de la lenteur" (éditions Marabout). Choisir le thème de la lenteur et du bien vivre apparaît comme une réponse à l'enquête menée en 2010 par l'institut Ipsos pour les laboratoires Merck et l'agence Thomas Marko & associés : selon cette enquête, une majorité de Français considèrent que le manque de temps les conduit à négliger certains aspects importants de leur exitence : les loisirs avec les enfants, le sommeil, le bien-être...

La pression sociale et le progrès technologique nous poussent à accélérer le ryhme, à combler au maximum chaque instant de nos vies. Jusqu'à un certain point. Lancé en Italie par le journaliste gastronomique Carlo Petrini dans les années quatre-vingt, le mouvement Slow Food est de moins en moins marginal et montre le chemin  : Slow Management, Slow Parenting, Slow Travel..., autant d'initiatives qui naissent en réaction aux excès du "culte de l'urgence", pour reprendre le titre du livre de Nicole Aubert.

Segonzac élue capitale de la lenteur

Illustration de cette envie de ralentir le rythme et de privilégier la qualité sur la quantité : la ville de Ségonzac (Charente), 2.300 habitants, a été en 2010 la première commune française récompensée par le label Città Slow. Inspiré de Slow Food, Città Slow est le "réseau international des villes lentes" : il compte 140 villes réparties dans 21 pays qui s'engagent à respecter une charte de 70 engagements. A Ségonzac, ces engagements se traduisent par l'aménagement de ruelles piétonnes et de pistes cyclables, la création d'un marché de producteurs locaux et de jardins partagés, les investissements en faveur de la petite enfance et du grand âge, etc.

On le voit, le mouvement slow est largement d'inspiration éco-responsable. Il privilégie le retour à l'essentiel, il nous invite à ralentir la cadence et à remettre en cause l'esprit de compétition. Il ne s'agit pas pour autant de tout faire lentement, mais plutôt de trouver un juste équilibre entre rapidité et lenteur, selon les individus, selon les moments de la journée et les temps de la vie. Et il assez probable que la catastrophe de Fukushima aura sur l'état d'esprit des citoyens un impact durable, qui pourrait bien favoriser les idées du mouvement slow à travers le monde au cours des prochaines années.

Sources

A lire : #
"La dictature de l'urgence" de Gilles Finchelstein (Fayard, 2011)#
"Le culte de l'urgence : la société malade du temps" de Nicole Aubert (Flammarion, 2004)#
"Trop vite : pourquoi nous sommes prisonniers du court terme" de Jean-Louis Servan-Schreiber (Albin Michel, 2010)#

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