Génie écologique : naissance et structuration d'une nouvelle filière

Le 18 avril 2011

Partager sur Facebook Partager sur Twitter Partager sur Viadeo Partager sur LinkedIn
A l'heure où l'interdépendance entre l'entreprise et la biodiversité commence à faire consensus et ou sa préservation n'est plus en opposition au développement économique, une des réponses à cette protection passe par la structuration de la nouvelle filière du génie écologique.

Intégration de ce besoin dans l'activité économique

L'instauration des Zones Natura 2000, des trames vertes et bleues, la préservation des 20000 ha de zones humides, les schémas directeurs d'aménagement et de gestion des eaux. Toutes  ces politiques publiques et ces règlementations, accroissent le besoin d'analyses, d'évaluations, d'expertises, et de réponses techniques, technologiques, traditionnelles ou innovantes pour les entreprises. Les métiers qui se positionnent sur ces besoins doivent également intégrer dans des proportions qui leur sont propres, la préservation de la biodiversité.

Besoin de préservation de la biodiversité

En 2005, le Millenium Ecosystem Assessment (MEA) en d'autres termes l'étude sur l'évaluation des écosystèmes pour le millénaire, avait déjà pointé l'interdépendance de la biodiversité et de l'économie et présenter les services écologiques rendus par la biodiversité : services d'approvisionnement, de régulation, services supports (cycle de l'eau...), services culturels.

En 2010, année de la biodiversité, The Economics of Ecosystems and Biodiversity le TEEB  à montrer aux entreprises la nécessité de s'approprier la préservation de la biodiversité. On rappellera pour mémoire les 7 raisons pour les entreprises d'internaliser cette approche. les entreprises sécurisent les chaînes d'approvisionnement, se différencient de leurs concurrents et attirent de nouveaux clients, réduisent leurs dépenses liées aux achats et augmentent l'efficience de leurs processus ; développent et mettent sur les marchés des nouvelles technologies moins impactantes ; pénètrent de nouveaux marchés, anticipent les évolutions règlementaires.

Le poids de la biodiversité a donné lieu à un certain nombre de chiffrage et l'évaluation de ces services a fait l'objet d'un rapport du C.A.S.   (centre d'analyse stratégique). Il existe également aujourd'hui des outils pour accompagner les entreprises dans leurs évaluations d'impact sur la biodiversité, tel qu'EBE VIE.

les apports de la filière du génie écologique*

"Le génie écologique est constitué par la somme des connaissances pluridisciplinaires utilisées lors des opérations d'aménagement ou d'exploitation du milieu naturel dans la mesure où ces connaissances, une fois appliquées, sont de nature à assurer la préservation des qualités de l'environnement sur le long terme et à garantir une productivité soutenue s'il s'agit de systèmes écologiques productifs. Le génie écologique peut-être mis au service de la reconstitution de milieux naturels, à la réhabilitation de milieux dégradés et à l'optimisation des fonctions naturelles assurées par des systèmes naturels".

Objectifs et organisation de la filière

Les objectifs

  • La réhabilitation des écosystèmes dégradés, la restauration de communautés fonctionnelles, la réintroduction d'espèces.
  • La création de nouveaux écosystèmes durables qui ont une valeur pour l'homme et pour la biosphère.
  • La mise au point d'outils biologiques pour résoudre des problèmes de pollution, rétablir ou maximiser un service écosystémique.

Les métiers

Concrètement cette filière va s'organiser autour de 2 sortes de métiers : les métiers traditionnels qui sont appelés à évoluer comme l'indique le Plan d'adaptation pour les métiers de la croissance verte, et les métiers liés aux enjeux de la préservation de la biodiversité que ce soit dans le domaine de la R&D, du conseil, des études & ingénierie, des travaux, et de la communication. Du chercheur, ingénieur écologue, conducteur de travaux, économistes, sociologues, au consultant en communication.

 

 

*définition issue de l'annexe I du rapport intitulé "organisation de la recherche et de la formation pour la maîtrise écologique du territoire". Rapport de la mission Claude Henry remis en mars 1984 au Ministre de l'Environnement, suite à sa demande du 17 Février 1983. Les membres de cette mission qui ont défini le terme sont : Patrick Blandin, Gilbert Long et Philippe Lagauterie.

A lire également

« Mes courses pour la planète » édition 2015, l'observatoire de la consommation responsable

Le 21/10/2015

A l'initiative de l’agence d’information Graines de Changement, cet observatoire de la consommation responsable 2015 fait un état des lieux sur cette consommation responsable en France avec mise en exergue des chiffres clés, tendances et évolutions...

La consommation alternative se cherche

Le 12/10/2015

Les usages alternatifs à la consommation courante semblent séduire les français, mais le nombre des utilisateurs tend a augmenter modérément depuis cinq ans.

Vente en ligne : poids économique et stratégies des acteurs

Le 10/06/2015

L'Insee a mené une enquête auprès des entreprises de plus de 10 personnes proposant la vente de produits ou de services via Internet. Les résultats montrent à la fois l'importance croissante de cette activité en France et les principales tendances de l'offre proposée par les acteurs de la vente en ligne.