Les achats responsables progressent dans les entreprises : souci environnemental, question d'image, maîtrise des coûts et des risques

Le 18 avril 2011

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Le baromètre de l'Observatoire des achats responsables "Obsar" pour 2011, réalisé par Opinionway, suit la progression de cette politique dans les entreprises publiques ou privées.

Achats responsables : de quoi parle-t-on ?

On connaît plus particulièrement la notion d’achat public responsable, apparue en 1992 à Rio lors de la conférence sur l’environnement et le développement, et intégrée au sein du concept « d’agenda 21 ». A partir de 2001, en France, les considérations sociales ont été élargies et le code des marchés publics a prévu que l’on puisse promouvoir l’emploi des personnes rencontrant des difficultés particulières d’insertion, la lutte contre le chômage et la protection de l’environnement. Les achats responsables ne sont pas restés pour autant l’apanage de la commande publique et aujourd’hui les entreprises du secteur privé mettent en place également des démarches d’achat responsable. Le baromètre de l’Obsar nous permet de voir les évolutions de ces pratiques, et les points d’amélioration.

Evolution des achats responsables

Evolution de la part des achats responsables :

La part des achats responsables sur les achats globaux passe de 13% en 2009 à 17% en 2011. Les entreprises engagées dans cette démarche le sont en moyenne depuis 3 ans, motivées par le respect des règlementations, de normes, mais également pour leur image. Pour les responsables achats interrogés, le critère jugé le plus important pour l’entreprise devient cette année : la maîtrise durable des coûts et des risques de l’organisation.

Quels sont les indicateurs mis en place :

La mise en place d’indicateurs de mesure de la progression des achats responsables a nettement augmenté. Par contre les pré-requis de l’achat responsable (norme Iso 26000, RSE) ne sont pas encore des réalités pour les acheteurs. Il en ressort un besoin de formation pour ces acheteurs.

Des améliorations attendues 

Les pratiques restent aléatoires et hétérogènes :

Les coûts globaux et les coûts en fin de vie ne sont pas encore calculés de façon systématique, ce qui va à l’encontre de l’achat responsable. Les indicateurs de coûts sont encore hétérogènes, et nécessiteraient une harmonisation.

Le mode d’évaluation des fournisseurs :

Les entreprises disent maîtriser le caractère responsable de leurs fournisseurs, mais le mode d’évaluation reste à 65% basé sur des labels, certifications et indicateurs, ce qui ne représente pas une vision exhaustive du fournisseur. Le référencement se fait sur des critères économiques pour 41%, environnementaux pour 31% et, sociaux et sociétaux pour 14%.

Eviter la contradiction entre les différentes directions de l’entreprise. Les critères sociaux et sociétaux restent loin dans les préoccupations des organisations, et sont le résultat d’une différence de perception entre la direction générale, la DRH, et la fonction achat.Ce baromètre indique que la difficulté majeure des entreprises lors de la mise en place d’une politique achat est de dépasser les clivages internes pour bâtir une vision partagée des indicateurs, des contraintes et des objectifs.

Les leviers de cette politique

Le changement de valeur et la réduction des risques environnementaux :

Pour les personnes qui ont répondu à cette enquête, le respect des valeurs sociales et sociétales reste à 54% le levier principal à l’avenir, suivi des moyens de réduction des risques environnementaux pour 53%, l’amélioration de l’image de l’entreprise pour 42%, et une contribution majeure au développement économique et au maintien de l’activité pour 40%.

Une réponse aux besoins d’indicateurs, de référentiels et de formation :

La Compagnie des dirigeants et acheteurs de France (CDAF) propose aux entreprises d’accéder à de nombreuses informations sur « l’achat responsable ». Il existe une Charte relations inter-entreprises, et le thinktank des Achats Responsables pour partager et échanger sur les bonnes pratiques entre acheteurs des secteurs privés et publics.

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