TIC et Smartphone au service du véhicule électrique
02/02/2011
Localiser une borne de recharge, connaître sa disponibilité, communiquer avec son véhicule électrique ou son distributeur d’énergie, connaître la disponibilité de places de parking ou payer avec son mobile, autant d’applications nouvelles à développer qui permettront de faciliter l’utilisation du véhicule électrique et d'accélérer sa diffusion. Preuve par quelques exemples :
L'introduction sur le marché automobile du véhicule électrique amène de nouveaux besoins "périphériques" à l'automobile, en elle-même, et est nécessaire à son développement. Outre le besoin de développer des infrastructures de recharge, la technologie électrique induit 2 contraintes principales par rapport au classique véhicule thermique : une autonomie plus faible et un temps de réalisation du "plein" plus long.
Adapté à des parcours courts (qui représentent l'essentiel de nos déplacements), le véhicule électrique doit plus s'insérer comme une maillon dans une chaîne globale de mobilité. Les TIC permettront dès lors d'optimiser les parcours et de faciliter la multimodalité.
Dans le domaine de la recharge des batteries, les TIC ont à apporter des solutions intelligentes combinant un ensemble de contraintes liées aux capacités du réseau électrique, aux systèmes de tarifications, aux besoins de mobilité, au véhicule lui-même...
Communiquer à distance avec son véhicule
Pour les utilisateurs de la Chevrolet Volt électrique, General Motors a prévu une application pour Smartphone, développée par une
de ses filiales : Onstar. Celle-ci permet au conducteur de la voiture de disposer d’informations
et de paramétrer à distance différentes tâches : connaître la capacité
restante de la batterie, paramétrer l’heure et le temps de charge, programmer
le pré-conditionnement du véhicule avant le départ… Ce service proposé par les constructeurs devrait rapidement se généraliser à l'ensemble des véhicules électriques.
Communiquer avec le système de recharge
La Compagnie Nationale
du Rhône (CNR), filiale du groupe GDF Suez producteur d’énergie renouvelable, a
conçu un dispositif de recharge intelligent pour les véhicules
électriques. Un boitier embarqué dans le véhicule permet un dialogue avec le
système centralisé de la CNR
permettant de piloter la recharge du véhicule en fonction de plusieurs paramètres,
dont le niveau de production d’énergie renouvelable de CNR (par nature intermittente), la situation du réseau électrique,
le temps de stationnement du véhicule, l’autonomie nécessaire pour le futur déplacement. L’utilisateur
peut intervenir à distance sur le système depuis son téléphone portable.
Ce service est rendu possible par un opérateur tel que la CNR, producteur et vendeur d’énergie. Ce boîtier permet au
consommateur de bénéficier de tarifs préférentiels et à la CNR d’écouler plus facilement
sa production en tenant compte de son intermittence.
Payer avec son téléphone portable
Les technologies sans contact NFC (Near Field Communication)
arrivent dans les cartes SIM de nos téléphones portables et permettent des
liaisons avec d’autres objets comme des lecteurs de billets électroniques ou
des systèmes de paiement. Couplées avec des applications pour mobiles, ces technologies feront bénéficier l’utilisateur d’informations pratiques facilitant sa mobilité : horaires de transport, perturbations,
itinéraires, informations touristiques... La ville de Nice expérimente la
technologie NFC pour tout un ensemble de services et a intégré celui-ci dans son
appel d’offres Autolib' : le téléphone portable NFC permettra d'accéder aux véhicules électriques en
autopartage. Orange travaille sur sa nouvelle génération de carte SIM intégrant
le NFC qui devrait être lancée au deuxième semestre 2011; le groupe prévoit d’équiper
au minimum 500 000 clients d’ici fin 2011. De quoi rapidement développer des applications de paiement en particulier dans le transport facilitant le passage d'un mode de mobilité à un autre.
Optimiser les temps de parcours
Les capteurs SmartGrains, technologie issue d’une start-up
francilienne, permettent de connaître l’occupation des places de parking et de
guider l’automobiliste vers les places disponibles. Ces capteurs sans fils sont
installés dans le sol de la voirie; ils fonctionnent en réseau Wifi et permettent de donner l'image du
taux d’occupation des places. Une première expérience d’utilisation
est en cours sur le parking d’un grand centre commercial de Paris et sur la
voirie d’Issy le Moulineaux. Via son Smartphone, le conducteur bénéficiant du
service peut ainsi être guidé, lui évitant de tourner en rond (jusque 30% du trafic urbain); cela permet de réduire les émissions
de CO2 pour les véhicules thermiques, ou d’économiser de la charge batterie pour les véhicules électriques. La société Lyberta expérimente à
Toulouse un système similaire.
Source : CleanTech REPUBLIC
Des modèles économiques à mettre au point
Les besoins en lien avec le développement d'une mobilité décarbonée sont bien là et les applications devraient se développer en même temps que se développe le marché du véhicule électrique.
Au cas par cas, les modèles économiques restent à néanmoins à valider autant que les opérateurs qui les porteront :
Pour certains, il seront portés par les constructeurs eux même. Renault se rapproche en ce moment d'opérateurs comme Orange, Google ou apple pour l'aider à proposer des applications automobile, mais également avec Alstom pour la question de la recharge intelligente.
La CNR est producteur d'énergie et trouve donc son modèle économique dans la vente d'energie renouvelable et un modèle gagnant/gagnant. Smart Grain jouerait le rôle "d'opérateur de guidage" fournissant un service payant à des abonnés dans un modèle économique plus incertain.
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