Rapport du CAS : Adapter l'automobile aux modes de vie de demain

29/12/2010

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Le Centre d'Analyse Stratégique a publié son rapport sur les nouvelles mobilités, résultat des travaux réalisés depuis plusieurs années et présidés par Paul Olivier Dubois-Taine. Ce rapport rend compte des analyses réalisées et propose des orientations de politique publique.

 

Principaux messages du rapport

1. Le système automobile, développé et perfectionné tout au long du siècle dernier, a été un formidable instrument de communication et d’échange, symbole de liberté et instrument incontournable de nos modes de vie. Il devrait le rester dans les prochaines années, malgré le renouveau des transports collectifs urbains et interurbains depuis quelques décennies, une priorité réaffirmée par le Grenelle de l’environnement. L’extension du système automobile tel qu’il se présente aujourd’hui apparaît toutefois incompatible avec les exigences d’un développement durable de nos sociétés, en particulier dans les pays émergents, pour des raisons tant environnementales (consommations de ressources énergétiques polluantes) que sociales (accès à la mobilité pour tous) et territoriales (organisation du développement urbain et des modes de vie).

2. Les importants progrès technologiques attendus dans les motorisations des véhicules thermiques, électriques et hybrides ainsi que dans les énergies utilisées doivent être encouragés par la puissance publique. Cependant, ils ne suffiront à répondre ni aux objectifs de lutte contre le changement climatique, ni aux enjeux sociaux et territoriaux d’une mobilité durable.

3. La place et les conditions d’usages de l’automobile doivent être repensées dans la perspective de nouvelles mobilités, avec des systèmes de déplacements moins coûteux et surtout moins consommateurs d’énergie par personne transportée, afin d’apporter à chacun un plus grand choix dans ses déplacements quotidiens.

4. La mise en place de nouvelles mobilités s’appuiera sur le développement de modes de déplacement économes en énergie, communiquant entre eux et offrant des services à valeur ajoutée à l’usager. Il s’agira donc de développer le vélo (y compris avec assistance électrique), les véhicules motorisés à deux ou trois roues (scooters, etc.), ainsi que les petites voitures urbaines, légères et peu encombrantes, dans un univers de services communiquant entre eux. Ces nouvelles mobilités pourraient entraîner une économie de l’ordre de 23 % de l’énergie utilisée par la circulation automobile en France.

5. Le développement de ces nouvelles mobilités, à la charnière entre l’automobile traditionnelle multifonctions et les déclinaisons du transport public, nécessite à la fois de nouveaux types de véhicules, des adaptations de la voirie et du stationnement (pour la sécurité et les priorités d’usages), et surtout la mise en place de services de mobilité, fiables et faciles d’accès, couvrant l’ensemble des besoins de déplacements des ménages ou de l’entreprise tout au long de la semaine ou de l’année.

6. Les collectivités territoriales, notamment les autorités organisatrices de transports urbains, sont appelées à faciliter la mise en place de ces nouveaux services, qui relèvent le plus souvent de l’initiative privée ou de partenariats public-privé. L’organisation de l’espace public et le partage de la voirie constituent à cet effet des leviers majeurs d’incitation.


7. Compte tenu de l’augmentation de leurs dépenses contraintes, une attention particulière devra être portée à la possibilité pour les ménages les plus défavorisés d’accéder à ces nouveaux services (sans remettre en cause pour autant leur équilibre économique), notamment dans les territoires à faible densité peu desservis par les transports publics. Une attention particulière devra également être portée aux personnes âgées qui renoncent à la conduite de leur véhicule.

8. Ces nouveaux services ne pourront se développer que s’ils font l’objet de campagnes d’information, nationales et locales, en vue de promouvoir une prise de conscience par l’opinion publique de la nécessaire adaptation de nos modes de vie, appuyée sur des modalités concrètes. Il faudra parallèlement mettre à jour un certain nombre de réglementations − en matière de véhicules, de code de la route, d’assurances et de nouveaux statuts (pour le covoiturage et l’autopartage) − qui pourraient freiner le développement des nouvelles mobilités et des nouveaux usages de l’automobile.

9. Le développement des véhicules électriques et la location de batteries pourraient conduire à l’apparition d’opérateurs de mobilité, sous de multiples formes : plutôt qu’en encadrer a priori le statut possible, il appartient aux autorités publiques d’en favoriser le développement et d’accompagner les initiatives locales. Face au marché mondial, les constructeurs et équipementiers français pourraient ainsi bénéficier d’un laboratoire d’expérimentation de nouveaux produits et services dans des territoires qui auraient développé une politique d’accueil et de facilitation de « nouvelles mobilités durables ».

D'autres travaux suivront et seront menés notamment sur la mobilité dans les territoires à faible densité.

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