Consommation. Le marché bio résiste à la crise

24/02/2009

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Selon le Baromètre 2008 de l'Agence Bio, le marché des produits bio résiste plutôt bien à la crise. 44 % des Français consomment bio chaque mois. Ils n'étaient que 37 % en 2003. Néanmoins, la crise du pouvoir d'achat n'est pas sans conséquence sur le comportement des consommateurs qui effectuent des arbitrages, notamment en termes de circuits de distribution.

 

Décryptage : 39 % des Français (vs 37 % en 2007) trouvent normal de payer plus cher les produits bio : ils se déclarent prêts à accepter un surcoût de 12 %. Mais les consommateurs de produits bio sont attentifs au prix : ils ne sont plus que 42 % à ne jamais comparer les prix avec les produits classiques, vs 52 % en 2006. Un phénomène sans doute dû au recrutement de nouveaux acheteurs, qui jonglent entre produits conventionnels et bio en fonction de leurs envies et de leur portefeuille. En effet, le tiers des consommateurs bio ont une ancienneté inférieure à 5 ans.

Malgré la crise du pouvoir d'achat, 71 % des consommateurs de bio ont maintenu leurs habitudes et 11 % ont même augmenté leur panier de produits bio. La viande, les fruits et légumes et les fromages sont les catégories qui tirent le mieux leur épingle du jeu.

Compte tenu du contexte actuel, relativement anxiogène, les Français trouvent dans les produits bio des valeurs refuges, avec des arguments de sécurité, de naturalité et de qualité favorisant l'acte d'achat. Consommer bio devient autant un acte « collectif, militant », qu'un acte purement égoïste lié à des attentes personnelles.

Des arbitrages s'effectuent cependant par rapport aux circuits de distribution : les GMS enregistrent une fréquentation à la hausse (72 % vs 70 % en 2007), au détriment des marchés et magasins spécialisés. Ces circuits ont étoffé leurs gammes et investi dans le développement de produits plus élaborés et à plus forte valeur ajoutée. Les chalands pointent toutefois du doigt un manque d'information et de repères en magasins.

Les données concernant la consommation hors domicile sont moins encourageantes : ni le service ni le souhait de repas bio en restauration scolaire n'ont progressé. Les actifs sont quasiment comme l'an dernier 42 % à être intéressés par une offre bio en restaurant commercial, 38 % sur le lieu de travail. Un comportement qui confirme le désinvestissement des Français dans les repas pris hors domicile dans le contexte actuel de crise.

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