La norme Euro bientôt applicable pour les motocyles, tricycles et quadricycles

17/11/2010

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Les véhicules de la catégorie L qui regroupent les motocycles, les tricycles et les quadricycles avaient jusqu'à présent échappés à la très forte intensification des réglementations européennes imposées aux autres catégories de véhicules, en particulier celles relevant de la sécurité et du respect de l'environnement. La Commission Européenne vient de proposer un texte de loi pour corriger ce décalage.

 

Le poids croissant des émissions de la catégorie L dans les émissions globales

Le décalage entre les progrès réalisés par les catégories soumises aux réglementations Euro (VP, VUL et PL) et la progression des ventes des catégories L soumis à des normes de pollution moins sévères, a entrainé un poids croissant des catégories L dans les émissions totales.

En effet, si ceux-ci représentent une faible proportion dans le parc, les véhicules de catégorie L sont au global devenus significatifs dans les émissions de polluants. Si rien n'est fait la Commission Européenne anticipe une accélération de ce décalage. La catégorie L représente : 

  • 38 % des hydrocarbures imbrulés (HC) - 62 % à moyen terme si rien n'est fait !
  • 20% du monoxyde de carbone (CO)- 36 % à moyen terme si rien n'est fait !

Sur les seuls 2 roues : un rapport de 1 à 10 entre le parc et les émissions : Selon des chiffres de l'ADEME, les 2 roues (cylindrée <50 cm3 et vitesse limitée à 45 km/h) qui n'occupent que 1 % du parc, représentent respectivement 13 % (HC) et 10% (CO) de ces émissions de polluants. 


Un renforcement des normes de sécurité et d'émission pour ces véhicules

Afin de corriger cette tendance, la Commission Européenne a proposé une évolution du règlement pour la réception des véhicules de catégories L.

Pour la sécurité, les objectifs sont bien sur de réduire les accidents et la mortalité sur les routes (la commission estime à 7 milliards sur les 10 ans à venir le coûts des accidents). Pour la pollution, il s'agit de rendre cohérentes les réglementations entre les différentes catégories de véhicules et de respecter les engagements Européens de réductions des émissions polluantes.

Les principales mesures : 

  • A partir de 2017, la Commission propose de rendre obligatoire les « systèmes de freinage avancés », c'est-à-dire de l'ABS ou d'un système de freinage combiné avant/arrière pour les moins de 125 cm3
  • A compter de 2017 également, tous les véhicules devront être équipés d'un système de diagnostic embarqué OBD. Ce dispositif réglementaire permet d'alerter l'utilisateur en cas de dysfonctionnement constaté par le contrôle moteur mais aussi une plus grande facilité des opérations de contrôle technique.
  • Enfin, le plus important, la soumission progressive des catégories L aux normes Euro : Norme Euro 3 en 2014, Euro 4 en 2017 et Euro 5 en 2020. L'UE n'a pas imposé de seuil limite d'émissions de CO2 mais a demandé la mise en place d'un étiquetage.

Le projet mentionne également un renforcement des normes de sécurité pour les VSP (Véhicules Sans Permis) mais les modalités n'ont pas encore été précisées.

 

Des coûts à supporter pour les constructeurs

Les constructeurs des catégories L vont devoir intégrer ces nouvelles réglementations dans leur offre produit avec 2 conséquences probables : 

  • un renchérissement des produits dont le contenu technologique va augmenter
  • un ticket d'entrée technologique et financier plus important pour être présent sur ces marchés. En effet, dans l'automobile, les investissements nécessaires au passage de chaque nouvelle norme Euro ont été considérables et se poursuivent dans une logique de sévérisation continue de la réglementation. 

Ces constructeurs des catégories L souvent moins structurés que les constructeurs automobiles vont devoir s'adapter à cette évolution pour continuer à être présent sur ces marchés dynamiques, en particulier : 

  • le marché des motos - les moins de 125 cm3 ont bondi de près de 70 % entre 2003 et 2008 avec notamment la percée des scooters à bas coût importés d'Asie,
  • le marché des tricycles, initié par l'offre de Piaggo. Son MP3 s'est vendu à 14 000 exemplaires en 2009 en France, autant que les véhicules sans permis,
  • le marché des véhicules sans permis, qui lui aussi a bondi de 55% entre 2003 et 2008 adressant de nouvelles cibles de clientèles avec des offres plus segmentées,
  • enfin le marché des quadricycles électriques "en devenir" : le Twizy de la gamme électrique de Renault, la BB1 concept car de Peugeot, la Smera de Lumeneo, la Simplicity d'Eco&Mobilité soutenue par la Région Poitou-Charentes et bien d'autres concepts qui sortent des cartons pour répondre à la demande de véhicules électriques urbains. Ceux-ci echapperont à la norme Euro réservée aux véhicules thermiques!

 

 

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