La sécurité au poignet : des projets complexes pour aboutir à une solution simple et fiable

22/10/2010

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Pour améliorer la sécurité des personnes âgées vivant seules, de nombreux laboratoires et entreprises travaillent sur la mise au point de bracelets-montres (ou patchs) capables de détecter des malaises (avec ou sans perte de connaissance) ou des chutes, et de transmettre automatiquement à distance une alerte.

Pour réaliser cette fonction, le bracelet doit pouvoir capter et interpréter des données physiologiques et de mouvement. Le développement de ces bracelets est rendu possible par les progrès technologiques en miniaturisation de capteurs et en puissance de calcul embarquée. Des produits sont d’ailleurs déjà commercialisés, mais ne détectent pas tous les types d'évènements. Aujourd’hui, l’enjeu majeur des recherches est d’améliorer la fiabilité des détections : réduire les fausses alarmes, et détecter des événements peu discriminants tels que des chutes lentes (difficiles à distinguer des actes de la vie courante, du point de vue des mesures de mouvement). Pour cela, les chercheurs travaillent de plus en plus sur l’analyse contextuelle multidimensionnelle à partir des données issues de différents capteurs. Par exemple, après la détection d'un mouvement d'ampleur moyenne (qui ne permet pas de déterminer s'il s'agit d'une chute ou d'un acte anodin), le fait de mesurer une augmentation du stress (lié à l’impossibilité de se relever) permet au système de déduire qu’il y a eu réellement chute. Cette approche conduit à intégrer dans le bracelet toujours plus de capteurs (pouls, pression artérielle, résistance électrique de la peau, température cutanée, mesures de mouvement et d'énergie de choc…), et à développer et expérimenter des algorithmes complexes de traitement des données. Ces travaux sont réalisés en lien avec des recherches physiologiques et comportementales en institution et à domicile.

Du fait du très large potentiel de marché, les projets de recherche sur ces bracelets sont multiples. Nous pouvons citer :

  • les projets européens SensAction-AAL et FallWatch, lancés respectivement en 2007 et 2009, qui devraient aboutir à des premiers produits d’ici mi-2011 (cf. aussi Prévenir et détecter les chutes à domicile : un défi majeur ! ).
  • le consortium mené par le laboratoire Foton-Capt de l'Enssat de Lannion. Cette équipe s’intéresse en particulier à la prise en compte du stress dans l’évaluation de la situation.
  • SmartSenior, projet allemand pour la sécurisation globale des personnes âgées, qui implique 28 partenaires. Le développement du bracelet de ce vaste projet est mené par l’Institut Fraunhofer de fiabilité et micro-intégration (IZM), Alcatel-Lucent, Siemens et des PME. L’objectif est d’aboutir à une commercialisation de produits dans les 3 ans.

Par ailleurs, outre la fiabilité de la solution, son acceptabilité par la personne âgée sera essentielle pour qu'elle soit réellement utilisée (produit non stigmatisant). Pour y parvenir, les projets se rapprochent le plus possible de l’aspect d’une montre classique, à l’exception de FallWatch qui vise un produit sous forme de patch.

Ces projets de bracelets sont complexes car font intervenir des compétences très diverses, et les processus de mise au point puis validation sont lourds pour s'adapter à la diversité des comportements et des physiologies. D’ici à l’obtention de produits réellement satisfaisants, la sécurité des personnes âgées devra s’appuyer sur une combinaison de solutions : bracelets plus ou moins performants, équipements installés au domicile (de type capteurs d'activité), téléassistance classique, services à domicile,  renforcement des liens avec les proches… et qui devront communiquer entre eux pour assurer la meilleure efficacité.

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