Mobilité : Le smartphone au secours du covoiturage - La Bretagne précuseur dans ce domaine

28/09/2010

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Le covoiturage est une pratique née dans les années 80. Il est présenté comme une solution permettant de diminuer les embouteillages, les émissions de CO², et le coût de la mobilité pour les usagers. Malgré tous ces avantages, il a fallu attendre 2008 et le prix de l'essence à plus 1,40€/l pour voir son réel essor. Toutefois, après une période d’engouement, ce service peine à ce développer (1% des trajets domicile travail en 2009), mais la Bretagne semble précurseur dans ce domaine.


 
Les freins

Sur le papier, le covoiturage présente de très nombreux avantages économiques et écologiques. Mais il existe encore de nombreux freins à son développement. Une étude américaine et les premières expérimentations françaises en ont révélées quelques unes :

  • La peur d’être bloqué au bureau semble un frein majeur. Les usagers veulent bien s’engager si on garantit leur retour.
  • L’éternel peur de l’inconnu ne facilite pas également l’adhésion à ce type de service. Pour autant, développer le covoiturage en communautés fermées ne semble pas la solution.
  • La question du financement peut s’avérer délicate, les collectivités qui gèrent les transports collectifs auront un rôle à jouer.
  • La difficulté de mise en relation entre offreurs et demandeurs persiste, cela étant dû à une grande multiplicité de l’offre. En effet, en France il existe plus de 80 sites web proposant des annonces diluant ainsi l’offre.

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Une mobilité dynamique grâce à l’e.covoiturage

Un des éléments clé pour développer le covoiturage semble donc dans les mains du téléphone mobile. Il n’est pas surprenant que Nokia ait réalisé une importante étude sur ce sujet. Elle évalue le marché mondial à plus de 500 milliards de $ (Chiffre évalué en constatant que les 500 millions de voitures mises en circulation sur la planète parcourent chaque année 5 000 milliards de km avec un taux d’occupation de 1,3 passager. Et en passant à 2 passagers les sommes économisées apparaissent colossales). Les opérateurs de télécommunication sont persuadés que de nombreux freins peuvent être levés grâce à leurs futures offres de services.

Par exemple, pour dissiper la « peur de l’inconnu », les dispositifs proposeront une évaluation des utilisateurs (déjà pratiquée sur des sites de ventes aux enchères comme e.bay pour les vendeurs…). La mise en place d’un véritable service dynamique utilisant des données en temps réel et les possibilités de géolocalisation qu’offrent les téléphones de  dernière génération devraient permettre de faciliter, ce qui semble encore aujourd’hui insurmontable, une parfaite synchronisation entre l’emploi du temps de l’usager et l’offre de trajet.
Depuis le début de l’année, une jeune start up de lorraine (Covivo) propose à travers son logiciel covisoft une solution de e.covoiturage. L’Isère l’expérimente actuellement sur l’agglomération de Grenoble. Le moyen de rémunération du conducteur fera l’objet d’une étude de faisabilité à grande échelle. Des comptes « tampons fictifs » seront créés. Le conducteur percevra 10 centimes/km, et des bons d’achats délivrés par le Conseil Général qui a investi 70 000 € dans cette expérimentation.


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Autres perspectives de développement

Si le développement d'applications et de services de téléphonie mobile est un axe majeur pour favoriser le covoiturage, d’autres perspectives de développement ne doivent pas être oubliées :

  • La création d’aires de stationnement repérables (se concentrer sur les points stratégiques et les cartographier).
  • Même si le Grenelle de l’environnement n’a pas retenu cette proposition : la création des voies spécifiques à la mobilité écologique (covoiturage, véhicule électrique) est sans doute une mesure fortement incitative car permettant de réduire le temps de trajet.
  • Actuellement le covoiturage se développe principalement dans les zones rurales, il reste donc d’importantes possibilités de développement sur des trajets périurbains, plus courts .
  • Proposer une offre plus complète aux usagers, grâce à la création d’une base de données commune partagée par l’ensemble des services.
  • Faciliter l’interaction entre les transports en commun et le covoiturage pour mailler l’ensemble des pratiques de mobilité. De plus en plus, nous utiliserons plusieurs moyens de transport pour aller d’un point à un autre. De véritable solutions de mobilité dynamique s’appuyant sur des données en temps réel doivent être proposées.

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La Bretagne, percuseur

La Bretagne est dans ce domaine plutôt précurseur. Si Rennes est la première ville française à ouvrir ses données sur les transports publics pour faciliter l'apparition de services de mobilité, le Morbihan est le département qui a signé le plus de conventions avec des grandes surfaces ayant des portions de parking peu exploitées. Cela semble fonctionner car Lorient et Vannes sont les villes où les habitants réalisent le plus de recherches sous Google du terme "covoiturage" (voir schéma issu du moteur de surveillance des tendances de Google).

Par ailleurs, les Bretons dans leur ensemble semblent fortement intéressés par ce service, en effet ils sont les premiers en France à rechercher sur Google des sites contenant le terme « covoiturage » (voir schéma). Sur une terre reconnue d’excellence en matière de télécommunication, tous les éléments semblent rassemblés pour que la Bretagne devienne une région à la pointe de ces nouvelles pratiques de mobilité.


Le schéma ci-dessous donne 3 indicateurs dans l'ordre suivant:

  1.    La fréquence d'utilisation du terme "covoiturage" sous le moteur de recherche Google.
  2.    L'utilisation de ce terme de recherche en fonction des régions françaises.
  3.    L'utilisation de mot-clé de recherche dans les différentes villes de Bretagne.

statistiques de la requête statistiques de la requête


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