La librairie, une activité en pleine évolution : témoignage de Dominique Fredj, gérant de la librairie Le Failler à Rennes

Le 23 août 2010

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Les ventes de livres sont orientées à la baisse dans tous les circuits de distribution, une tendance qui s'accentue depuis le début de l'année comme le confirme le Syndicat National de la Librairie. Qu'en pensent les professionnels ? Entretien avec D. Fredj, dirigeant de la librairie Le Failler à Rennes.

Principale librairie généraliste indépendante à Rennes, la librairie Le Failler a été reprise au printemps 2010 par Dominique Fredj et Valérie Hanish. Créée en 1925, la librairie s'est installée en 2001 dans ses locaux de la rue Saint-Georges où elle a doublé sa surface par rapport à sa précédente implantation place du Parlement et rue Edith-Cavell.

Gérant de l'établissement, Dominique Fredj nous donne sa vision des changements profonds que connaît l'activité de libraire et nous expose ses choix pour assurer le développement de sa librairie dans ce contexte de mutation.

Selon vous quelles sont les grandes évolutions que connaît et va connaître le métier de libraire ?

La généralisation de l'Internet haut débit dans les foyers, la numérisation des contenus, l'essor du commerce en ligne sont autant de changements qui modifient considérablement l'univers de la librairie, et plus généralement toutes les activités liées à l'écrit. On ne peut plus dissocier aujourd'hui ce qui relève de l'écrit de l'outil informatique. Le mode de fonctionnement d'une librairie est lui aussi fortement dépendant de l'informatique.

L'Internet haut débit est une véritable révolution dans la mesure où l'accès à tout type de savoir s'en trouve bouleversé : la "toile" remplace ainsi - au moins partiellement - l'accès aux ouvrages en bibliothèque comme l'achat de livres en librairie.

Et pourtant une réunion organisée récemment à Rennes par Livre et lecture en Bretagne amène à nuancer ce propos : selon les intervenants, on constate en effet que les médiathèques équipées de postes informatiques voient leur fréquentation augmenter ainsi que le nombre de prêts. De plus, un étudiant ou un enseignant ont besoin du support papier comme ils ont besoin d'Internet. Par ailleurs je ne crois pas à la possibilité de lire de la fiction sur un écran : je dirai que cette perspective me laisse sceptique. Autrement dit, l'Internet n'est pas l'ennemi du livre. Et pour ce qui concerne la vente de livres, la librairie indépendante est loin d'avoir dit son dernier mot !

Comment choisissez-vous de vous adapter à ces évolutions ou de les anticiper pour en tirer le meilleur parti ?

Notre première décision avant même d'avoir repris la librairie a été de repenser le système d'information à la fois pour la gestion du magasin et pour la communication en direction des clients. Nous avons choisi de mettre en place un site Internet marchand mais surtout ayant pour vocation de dialoguer avec les clients : l'enjeu est de donner plus de visibilité aux 80.000 références que compte notre stock et au-delà montrer ce que propose l'édition française avec des informations sur les titres disponibles, à paraître etc. Notre objectif est de maintenir le lien avec le client même lorsque celui-ci est chez lui.

Pour nourrir le dialogue avec la clientèle nous allons créer un blog où les lecteurs publieront leurs propres critiques. Ainsi le web permet de créer un espace d'échange permanent avec les lecteurs et entre lecteurs. Ce qui ne nous empêchera pas d'organiser des rencontres et des animations sur place à la librairie : notre ambition est ainsi d'apporter modestement notre contribution au débat culturel.

Autre façon d'expérimenter les technologies de l'information : l'actualité de la librairie Le Failler se poursuit sur facebook.

Autrement dit, l'informatique n'est pas une fin en soi mais simplement un moyen au service d'une meilleure communication.

En ce qui concerne la gestion des ouvrages, nous souhaitons maintenir voire étendre le livre scolaire et universitaire. Les rayons, leur profondeur et leur disposition, ainsi que les stocks et les retours doivent être gérés de façon rigoureuse : notre système informatique est conçu dans cette optique.

Un autre défi à relever est d'attirer davantage la clientèle des adolescents, étudiants et jeunes adultes. Comment nous tourner vers cette population, faut-il faire évoluer notre offre ? Nous y répondons avec le développement de la bande dessinée et la création d'un véritable rayon tourné vers les adolescents, rassemblant  la science finction, les poches jeunesse et les romans "Fantaisy".

Quelle est votre définition du métier de libraire ?

C'est une question difficile. Le libraire est un lien, un passeur entre la création et le lecteur. Nous avons un rôle de préconisation, de conseil, de choix qui fait toute la noblesse de ce métier. Et dans le même temps c'est une activité fragile, qui doit répondre à des impératifs économiques pour assurer sa pérennité et son développement.

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