Nouvelle chaine de valeur pour le véhicule électrique ?

09/07/2010

Partager sur Facebook Partager sur Twitter Partager sur Viadeo Partager sur LinkedIn

La chaine de valeur automobile s'est organisée autour de la décomposition du véhicule en quelques grands modules. Ces sous parties complètes de la voiture prêtes à être assemblées sont co-conçues et produites par un nombre désormais restreints de "fournisseurs stratégiques". 75 % de la valeur d'une automobile est ainsi sous traité à ces équipementiers, le rôle du constructeurs s'étant recentré sur des activités jugées stratégiques comme l'assemblage et le contrôle de la qualité finale, la conception et la fabrication de modules clés comme la chaine de traction ou les liaisons au sol et bien sur la conception globale de l'automobile.

La maîtrise de la chaine de traction constitue aujourd'hui un des cœurs de métier des constructeurs automobiles. C'est un élément majeur de différentiation concurrentielle et pour certains une source de revenu non négligeable par la vente des moteurs thermiques à d'autres constructeurs. Les normes Euro imposant des performances sur les émissions de polluants ont renforcé cette nécessité de maîtriser ce chainon essentiel pour pouvoir commercialiser des véhicules.

Le développement de la voiture électrique amène la question d'une nouvelle répartition de cette chaine de valeur. Dans l'hypothèse d'une chaine de traction électrique entièrement sous-traitée, la part de la valeur du constructeur passerait de 25% à 10% et celui-ci dépendrait de tiers pour des composants jugés stratégiques. On imagine assez peu les constructeurs accepter une telle dépendance. La stratégie de l'alliance Renault-Nissan tend à confirmer cette position : Le groupe a en effet décidé de produire ses propres batteries dans le cadre d'un partenariat avec le CEA et Patrick Pelata, directeur général de Renault a récemment indiqué qu'il n'excluait pas d'internaliser la production de moteurs électriques s'il ne trouvait pas d'entreprises capable de fabriquer des grandes séries.

De son coté BMW qui commercialise la Mini Electrique a annoncé que la future citadine électrique Megacity prévue pour 2013, en quelque sorte deuxième génération de véhicule électrique, intégrera un système de propulsion développé en interne, incluant le moteur électrique,la transmission, l'électronique et la batterie. Le partenariat technique engagé avec SB LiMotive, coentreprise fondée par Bosch et Samsung est néanmoins confirmé pour la fourniture des cellules de la future batterie qui devrait être assemblée par BMW dans son usine de Leipzig qui fabriquera la Megacity.

La tendance est assurement au développements en interne de ces technologies du futur, mais ceux ci se feront dans le cadre d'alliance ou de coentreprises afin de bénéficier des expertises des acteurs existants et de répondre à l'accélération du marché du véhicule électrique.

 

 

A lire également

Quelles évolutions impactantes pour la mobilité de demain ?

Le 13/01/2017

A partir de l’étude prospective du ministère de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique sur les technologies clés 2020, nous vous proposons d’aller dans le futur de la mobilité.

Bio méthane carburant : Avenir de la méthanisation ?

Le 06/01/2017

Les épisodes récents de pollution urbaine et de restriction de la circulation nous rappellent à quel point la question de la transition écologique du transport est une question d’anticipation du dérèglement climatique (lié au CO2) mais aussi de santé publique (lié aux autres polluants de la combustion des hydrocarbures).

L'année 2016 véhicules et mobilités : votre TOP 10 !

Le 16/12/2016

En cette fin d'année 2016, nous vous proposons le top 10 des articles de l'année les plus lus. Ils parlent de voitures autonomes et connectées, de routes intelligentes, de nouveaux usages de la mobilité, du prix du pétrole et des batteries !