Matières premières : retour à la hausse et volatilité des prix

24/06/2010

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La crise économique a stoppé l'envolée du prix des matières premières qui a connu son pic historique en 2008 avant la crise. La chute brutale de la demande mondiale a ramené les prix à des niveaux plus « habituels », redonnant des marges de manœuvre aux entreprises. Mais aujourd'hui, l'ensemble des indices montre le retour durable à une tendance haussière du prix des matières premières.

Retour à la hausse du prix des matières premières

Le retour d'une demande forte, en particulier en provenance des pays dits émergents comme l'Inde, le Brésil, le Moyen Orient et bien entendu la Chine ravive les tensions sur le marché des matières premières. Outre les jeux géopolitiques, les effets de conditions climatiques extrêmes, la cause principale de l'explosion des prix est en effet liée à la croissance de la demande mondiale. Aux mêmes causes, les mêmes effets, le retour de la hausse de la production industrielle va replonger l'économie mondiale dans le cycle haussier du prix des ressources naturelles.

Ainsi le prix des intrants de la filière acier a subi ces derniers mois des fortes hausses : en avril 2010, les 3 géants se partageant le marché mondial du minerai de fer (le brésilien Vale, les anglo-australiens Rio Tinto et BHP Billiton) ont augmenté leur prix de 90%. L'indice de prix LMEX des métaux de base a au premier trimestre 2010 quasiment retrouvé son niveau de 2008 avant la crise. Le caoutchouc a augmenté depuis un an de 118%, à cause des gros besoins en pneus de voitures, tiré par le boom des ventes en Chine. Les cotations du cuivre, du nickel et du plomb ont plus que doublé depuis leur point bas de 2008.

Renégociations de prix trimestrielles

L'explosion des prix de 2008 a amené les gros acteurs à revoir leurs politiques contractuelles. Les contrats long terme qui protégeaient de la volatilité des marchés sont en effet remplacés par des contrats court terme. Les règles ont changé : les acteurs miniers passent désormais des contrats annuels avec révision des prix trimestriels. Ce passage à un système court implique une amplification de la volatilité des prix tout au long de la chaine, jusqu'aux industries consommatrices. Lakshmi Mital, numéro 1 mondial de l'acier, dont la hausse des intrants induirait un surcoût de 21%, et Michelin ont d'ores et déjà annoncés qu'ils répercuteraient ces coûts sur leurs clients.

Effet ciseaux pour les entreprises

Le retour de la hausse des prix des matières premières annonce le retour de « l'effet ciseau » pour les entreprises. Avec ces niveaux d'augmentation revient en effet la question de la capacité des entreprises à répercuter ces hausses sur leurs clients. Pour certains acteurs du bâtiment ou de l'automobile, fragilisés par la crise, cela jouera de manière significative sur les marges car l'ensemble des hausses ne pourront être absorbées par les clients.  Les contrats devront de plus en plus intégrer des clauses de révision de prix pour tenir compte de la volatilité des prix. Mais in fine, les clients finaux seront-ils toujours prêts à payer ce surcoût ?

Avec cette hausse, l'économie de matière première revient en force comme facteur de compétitivité pour les entreprises. Après un siècle d'une production industrielle basée sur l'accès à des matières premières bon marché, les champs d'innovation encore à explorer pour les entreprises sont considérables.

Source :  L'Usine Nouvelle, n°3187, 8 Avril 2010

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