Airbus tisse de nouvelles relations avec ses sous-traitants

Le 01 septembre 2010

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Pour faire face à la complexité croissante de son métier, Airbus met en place un nouveau modèle économique et industriel basé sur l'externalisation et le partage des risques technologiques et financiers avec ses sous-traitants.

L'aéronautique a résisté à la crise

L'industrie aéronautique a connu un ralentissement de son activité mais elle a mieux surmonté la crise économique mondiale que d'autres secteurs. En effet, l'aéronautique se caractérise par des cycles longs qui lissent les variations d'activité. En 2010, les carnets de commandes d'Airbus et de Boeing assurent 6 ans de production à l’ensemble des intervenants de la filière.

Airbus revoie son modèle industriel et économique

Boeing comme Airbus ont depuis quelques années démarré un processus d'externalision de leur charge industrielle à des partenaires qui partagent le risque financier et industriel (risk sharing partners).

A l'occasion du programme A350XWB, Airbus renforce cette stratégie et remet à plat son modèle économique et son organisation industrielle. L'avionneur opère un recentrage sur son coeur de métier : la définition de l'architecture et des grands systèmes de l'appareil, son intégration, son assemblage et sa commercialisation. Il externalise ce qui n'est pas dans ce périmêtre. Résultat, 50% de la charge industrielle est désormais sous-traitée alors que pour les autres programmes le taux de sous-traitance ne dépassait pas les 30%.

Parallèlement, Airbus a décidé de réduire de moitié le nombre de ses fournisseurs de rang 1. Pour le constructeur, il s'agit d'attribuer des lots plus importants et de transférer d'avantage de responsabilités à ses fournisseurs.

Airbus a mis en place une stratégie de co-développement avec ses équipementiers qui va de la conception de sous-ensembles complets, à la production, à la certification et parfois jusqu'aux tests. Airbus fait ainsi peser sur ses partenaires de rang 1, une partie des risques technologiques et financiers du programme : ils ne seront payés qu'avec les premières livraisons. Seules des entreprises de taille mondiale, capables d'assumer les coûts de R&D et d'obtenir des économies d'échelles, sont désormais en mesure de travailler directement avec le constructeur.

Sous-traitance aéronautique : quelle place pour les PME ?

Les coûts de recherche considérables, la connaissance du milieu et la capacité à prendre en compte les contraintes de l’environnement aéronautique (optimisation, certification) constituent des barrières à l’entrée du secteur dissuasives. Toutefois, l'existence d'une longue chaîne de sous-traitance et l'amplification du mouvement d'externalisation offre des opportunités aux PME innovantes.

On retrouve fréquemment ces PME parmi les sous-traitants de spécialité ou de capacité de rangs 2, 3, 4 des constructeurs. Elles gravitent dans un environnement très concurrentiel et doivent faire face à la concurrence des entreprises des pays à bas coûts.

Pour atteindre une taille critique et avoir plus de poids vis à vis des grands donneurs d'ordres, de nombreuses PME ont fait le choix du groupement. Citons quelques exemples de partenariats stratégiques qui ont vu le jour dans le bassin industriel de Nantes Saint-Nazaire :

  •  37 entreprises aéronautiques de la Région des Pays de la Loire se sont alliées au sein de Neopolia Aerospace cluster
  • Les entreprises Allio, Chatal, Ajilon, Duqueine et E.S.P.A.C.E se sont alliées au sein de Clust'export (intégré à Neopolia) : ces PME non concurrentes constituent ainsi une chaîne complète de sous-traitance capable de répondre aux appels d'offre internationaux.
  • Les entreprises Chatal, E.S.P.A.C.E et Armor Meca se sont regroupées au sein d'une SAS appelée Ace Aéronautique qui a réussi à faire partie des sous-traitants de rang 1 d'Airbus.

Se positionner sur le marché aéronautique implique nécessairement d'importants investissements pour adapter les outillages ou le personnel à chaque nouveau programme. Mais c'est une sratégie gagnante en terme d'image et les retombées économiques potentielles sont à la hauteur des efforts consentis.  

Sources

Où va l'aéronautique mondiale, Le Figaro du 6/07/2010#
#
Le nouveau modèle industriel d'Airbus, L'Usine Nouvelle du 1/07/2010#

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