Allemagne : un plan pour devenir leader dans le domaine de l’électromobilité

11/05/2010

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Le 3 mai, la chancelière allemande présentait à Berlin le plan de développement du véhicule électrique axé sur l'aide à la recherche et l'expérimentation. Dès 2009 l’Etat fédéral décide de soutenir la filière du véhicule décarboné, jusque là peu regardé par les constructeurs Allemands, en attribuant une enveloppe de 500 millions d’€ (issue du plan de relance) à la recherche sur l’électromobilité. En particulier pour développer des batteries Lithium-ion fiables et performantes (ce plan soutient aussi bien le secteur privé comme l'entreprise BASF, que les universités comme le « lithium initiative de Freiberg » voir notre article de juin 2009).


 
Priorité à la recherche

Dès l’automne 2009, l’Allemagne a compris que pour rattraper son retard, il était nécessaire de fédérer tous les acteurs de ce secteur, et celle-ci crée une agence « des voitures électriques » qui a pour objectif de coordonner les 30 instituts de recherche travaillant sur ces technologies (budget de l’agence 44 millions d’€).

Tout comme nous l’avions déjà indiqué lors de notre précédant article, un effort important est consacré au développement des batteries. A titre d’exemples :

  • 59 millions d’€ sont octroyés par le ministère fédéral de l’enseignement et de la recherche au nouveau laboratoire Li-Tech (consortium intégrant Daimler…).
  • Création de 2 nouveaux groupements de recherche Helmholtz pour le développement de la batteries Lithium-ion.

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Pas de prime à l’achat

La journée du 3 mai, qui rassemblait plus de 400 professionnels de la filière fut l’occasion de rappeler qu’un effort important sera réalisé en matière de formation pour combler un déficit de 25 000 ingénieurs dans ce secteur.

Côté véhicule, même si Volskwagen a profité de l’occasion pour présenter la future Golf électrique, il faudra attendre 2012 pour pouvoir acheter la première voiture allemande électrique (la smart électrique), mais c’est en 2013 que l’offre allemande devrait se consolider avec l’arrivée sur le marché des modèles de BMW et de Volkswagen.

L’objectif du plan Allemand est de faire rouler 1 millions de véhicules électriques en 2020, sur un parc estimé actuellement à 46 millions de voitures.

Alors que la commission européenne souhaite harmoniser certains aspects du développement du véhicule électrique, notamment les aspects liés à la recharge, mais également les aides à l’achat, l’Allemagne annonce qu’elle ne mettra pas en place de prime à l’achat, mais préfère concentrer ces moyens dans le domaine de la recherche.


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L’axe Rhin Ruhr comme terrain d’expérimentation

La Rhénanie devrait être l’un des principaux territoire pour tester l’électromobilité grandeur nature. Cette région a été sélectionée, d'une part pour la fréquentation de l'A40, mais également car plusieurs centres de recherches y sont déjà installés (Aix la Chapelle, Münster, Manheim..).
Les villes de Mülheim, Essen et Dortmund feront l’objet d’une première expérimentation pour démontrer les atouts de la voiture électrique en milieu urbain et périurbain. Le projet est soutenue par RWE (fournisseur allemand d’électricité) qui va mettre en place un réseau de recharge pour fin 2011 et les constructeurs Renault et Fiat, qui fourniront 150 véhicules électriques. Les services de géolocalisation (aide à la conduite, et à la gestion de la recharge…) seront étudiés de près.

La stratégie de l’Allemagne est de concentrer les moyens financiers sur la recherche, notamment dans le domaine des batteries. Mais le tout électrique voit déjà plus loin, car la recherche allemande (public mais également les constructeurs) travaille déjà sur les technologies liées à l’hydrogène.


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