L’ESR, une démarche d’amélioration volontaire pour connaître votre impact sur la biodiversité.

Le 31 mars 2010

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L’ESR, "évaluation des services rendus par les écosystèmes aux entreprises", permet aux entreprises de prendre la mesure de leurs dépendances par rapport aux éco-systèmes et des risques qui pèsent sur leur activité. M. Emmanuel DELANNOY, directeur de l'association INSPIRE nous apporte son témoignage.

La méthode ESR (évaluation des services rendus par les écosystèmes aux entreprises)


Les initiateurs

L'ESR a été créée le World Business Council for Sustainable Developpement (WBCSD - Conseil mondial des entreprises pour le développement durable ), une association d’environ 200 entreprises multinationales qui partagent un engagement en faveur du développement durable par le biais de la croissance économique, de l’équilibre écologique, et du progrès social.

La version française a été lancée en janvier 2010 par l'Association Entreprises Pour l’Environnement (EPE)


Le contenu

Les entreprises ont un impact sur les écosystèmes et leurs services mais on sait moins que les entreprises dépendent aussi fortement des écosystèmes et de leurs services.  La dégradation des écosystèmes génère donc des risques mais aussi des opportunités économiques pour les entreprises.

L'ESR vise à aider les entreprises à prendre en compte ces risques et ces opportunités dans l’élaboration de leur stratégie.

Il s’agit d’une démarche d’amélioration volontaire qui repose sur une base qualitative plus que quantitative. En cela elle peut venir compléter une démarche ISO 26000 ou ISO 14001. 

Elle comporte 5 étapes :

  • Définir le périmètre de réalisation de l’audit ESR (fournisseurs – entreprises – clients).
  • Evaluer systématiquement le niveau de dépendance et d’impact de l’entreprise sur plus de 20 services.
  • Etudier et évaluer l’état et l’évolution des services écosystémiques  prioritaires.
  • Identifier et évaluer les risques et opportunités découlant des évolutions subies par les services écosystémiques prioritaires.
  • Elaborer et prioriser des stratégies pour minimiser les risques et maximiser les opportunités.  

Pour que la démarche soit menée à bien, il est utile de se rapprocher  d'un consultant, d'une association, d'un expert, ou d'une ONG et de croiser les regards avec les parties prenantes.

 

Le témoignage d'Emmanuel DELANNOY, Directeur de l'association INSPIRE

L'association INSPIRE , “Initiative pour la Promotion d’une Industrie Réconciliée avec l’Ecologie et la société”, est une initiative portée par Emmanuel DELANNOY, expert en développement durable spécialisé sur les interactions entre le vivant et l’économie. Membre de la Ligue ROC, présidée par Hubert Reeves, Emmanuel Delannoy a représenté cette dernière lors du Grenelle de l'environnement, notamment au sein du groupe de travail "Emploi et compétitivité". 


Pouvez-vous nous présenter l’intérêt de la démarche ESR pour une entreprise ?

« l’ESR permet aux entreprises de prendre la mesure de leurs dépendances par rapport aux éco-systèmes et des risques qui pèsent sur leur activité. Le bon déroulement de cette démarche d’amélioration volontaire leur donnera des pistes pour des solutions stratégiques et opérationnelles. »


Y-a-t’il des risques ou des écueils à éviter dans la mise en œuvre de cette méthode ?

« Il serait à mon avis dangereux de tenter d’utiliser l’ESR comme outil de communication externe. L’ESR n’a pas vocation à être un outil d’affichage, c’est un élément d’entrée dans l’entreprise pour aider à la réflexion stratégique. Il doit être pratiqué avec sincérité et modestie, dans un souci de transparence avec les parties prenantes.

Ensuite Les risques que l’on évoquera sont de trois ordres :

  • Mauvaise définition du périmètre qui fausserait ou tronquerait l’analyse,
  • Ne pas consulter les parties intéressées locales, ou ne pas aller sur le terrain pour évaluer les interactions directes sur la biodiversité (ce n’est pas un outil d’analyse théorique, il faut être concret)
  • Et enfin de sortir de l’ESR sans levier d’amélioration : Il est vital d’identifier des actions concrètes à mettre en œuvre. »


Pouvez-vous nous parler d’une expérience que vous avez menée avec l’entreprise Yves Rocher et l’Entreprise Durance ?

« L’entreprise Yves Rocher avait déjà une démarche « Développement Durable », et voulait y adosser une stratégie Biodiversité. Pour l’entreprise Durance la volonté du dirigeant était d’avoir un regard structurant dans le domaine de la biodiversité, dans le cadre du renforcement de sa stratégie développement durable. On s’aperçoit que la méthode peut être initiée en amont ou en aval d’une démarche de développement durable ou de management environnemental. »


Quels avantages l’entreprise en a-t-elle retiré ?

« L’ESR a aidé Yves Rocher à structurer sa stratégie biodiversité, en permettant de construire un langage commun entre les multiples métiers et directions concernés, et en facilitant la communication avec les parties prenantes.  Sa stratégie se décline aujourd’hui en 3 axes :

  • sur le site de la Gacilly-dans sa démarche de développement des produits
  • dans des actions de la fondation Yves Rocher
  • à travers le programme « Plantons la planète ». 

"De son côté, Durance amorce un nouveau programme d’action environnemental, centré sur la maîtrise de ses impacts sur la biodiversité, et  également, en concertation avec des ONG, des actions de sensibilisation de son personnel et de ses clients à la biodiversité. "

"Pour conclure il est utile de rappeler que tout ce qui est bon pour la biodiversité est bon pour le carbone, alors que l’inverse n’est pas nécessairement vrai. L’ESR apporte donc aux entreprises un éclairage complémentaire pour mieux orienter leurs stratégies de développement durable"

Sources

Interview réalisée le 30 mars 2010 par Isabelle Heuzé
www.inspire-institut.org/esr/
www.wri.org/project/ecosystem-services-review
pdf.wri.org/corporate_ecosystem_services_review_fr.pdf
www.epe-asso.org/

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