Le rapprochement Renault-Nissan-Daimler

01/04/2010

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Daimler, Renault et Nissan ont annoncé un partenariat qui prendrait la forme d'un participation croisée de l'ordre de 3 %. L'objectif affiché serait de sceller une coopération dans les petites voitures, les voitures électriques et éventuellement les moteurs.

Cette alliance consoliderait un modèle de développement européen basé sur le partage de plateformes entre plusieurs modèles. Ces mises en commun permettent des effets d'échelle importants grâce à un partage des investissements de R&D, dans l'outil de production et grâce à une plus grande capacité de négociation dans les achats. Le groupe Volkswagen est le constructeur le plus abouti dans la mise en œuvre de cette stratégie à travers ses 4 marques VW, Audi, Skoda, et Seat. Tout en conservant pour chacune un positionnement relativement différentié, le partage de plateformes permet à Volkswagen d'atteindre des volumes importants, supérieurs à ces concurrents. Une alliance Renault-Nissan-Daimler au travers les marques Smart, Mercedes, Dacia, Renault et Nissan permettrait à termes le même type d'effet d'échelle, un atout pour affronter la compétition grandissante au moins sur le marché européen où l'ensemble des marques disposent d'usines.

La fusion de Chrysler dans Daimler qui visait cet objectif s'était soldée par la revente de Chrysler. Le modèle d'intégration lente entre Renault et Nissan s'avère aujourd'hui un succès. Cela permet à Renault de décider de poursuivre dans cette voie avec Daimler et à Daimler d'avoir confiance dans l'expérience acquise par Renault dans ce type d'opération.

Cette alliance est également à rapprocher de la stratégie de ces deux constructeurs dans le véhicule électrique. Au salon de Francfort, fin 2009, Renault avait annoncé des prix de vente de ses véhicules électriques à hauteur des modèles équivalents à motorisation diesel, batterie non comprise mais intégrée dans un service de location. On comprend ici bien l'avantage acquis au fil des années par le moteur thermique, organe dans l'absolu pourtant bien plus complexe à fabriquer qu'un moteur électrique. La quête de volumes sur le véhicule électrique est nécessaire pour bénéficier d'une courbe d'expérience et rattraper cet écart de performance prix avec le moteur thermique. Le partenariat Renault-Nissan-Daimler vise bien cet objectif et annonce la poursuite de la concentration dans la filière pour faire face aux transitions en cours vers le véhicule décarboné.

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