Prévenir et détecter les chutes à domicile : un défi majeur !

02/02/2010

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Dans la réflexion autour du Maintien de l’Autonomie à Domicile des personnes âgées, la question de la prévention et de la détection des chutes est centrale.

En effet, selon la société Française de Gériatrie et Gérontologie, les chutes sont fréquentes chez les personnes âgées de 65 ans et plus et accélèrent le processus de perte d’indépendance et d’autonomie, avec un fort taux d’institutionnalisation (près de 40 % des personnes ayant chuté). De plus, une personne qui chute et qui reste un grand nombre d’heures au sol subira les conséquences de troubles métaboliques en plus des traumatismes liés à la chute. Ces troubles augmentant d’autant les risques d’institutionnalisation et de mortalité. Les chiffres avancés font état de près de 2 millions de chutes par an chez les plus de 65 ans, avec près de 9000 décès et un coût annuel médical estimé à 2 milliards d’euros.

Cependant, face à ce problème, les solutions technologiques semblent se multiplier sans pour autant donner entière satisfaction à ce jour.

Il existe ainsi des solutions déployées types bracelets, montres ou colliers permettant de détecter une chute et d’alerter une téléassistance, mais ces solutions ne semblent pas sécuriser complètement les personnes et ne font pas de prévention.

Des systèmes plus évolués sont donc à l’étude, intégrant des capteurs de différentes natures et de l’intelligence logicielle, avec des technologies souvent issues de domaines aussi pointus que l’aéronautique ou l’aérospatiale.

2 projets européens qui travaillent dans le domaine de la prévention et détection des chutes chez les personnes âgées vont aboutir en 2010, pour l’un à un produit, pour l’autre à des premiers résultats publiables.

Le premier projet est le projet « SensAction-AAL » (http://www.sensaction-aal.eu/), commencé en 2007 et dont les premiers produits seront réalisés cette année par l’entreprise McRoberts (Pays-Bas), partenaire du projet. Le concept consiste ici à faire porter par la personne un appareil communicant truffé de capteurs de mouvement, capable d’analyser des problèmes d’équilibre pour alerter via sms ou email en cas d’urgence ou prévenir des risques de chute via des applications logicielles chez la personne et chez le médecin.

Le second projet est le projet « FallWatch » (http://www.fallwatch-project.eu/index.php), dont les premiers résultats devraient être publiés à la fin de l’année, avec notamment le produit « mini’Fall ». Ce produit est annoncé comme le premier détecteur de chute miniaturisé, portable et radiocommunicant, via le monitoring d’un certain nombre de paramètres de santé. L’entreprise Vigilio S.A. coordonne ce programme, au sein duquel on retrouve notamment Europ Assistance et l’Assistance Publique des Hôpitaux de Paris.

 

Ces projets visent à équiper directement la personne alors que d'autres industriels vont plutôt dans le sens de l’équipement de l’habitat.

C’est le cas de la solution Angelis proposée par la société Isitek. Des capteurs sont intégrés un peu partout dans l’habitat (de préférence dans les objets du quotidien), et les informations sont transmises vers une passerelle domestique (un cadre photo numérique tactile en l’occurrence) qui traite et analyse celles-ci, et déclenche une alerte vers une téléassistance si nécessaire. Ce cadre photo évolué sert aussi pour échanger des informations entre les différents services d’aide à domicile, les professionnels de santé et la famille.

Une autre solution proposée par l’entreprise Link Care Services s’appuie sur l’image et un système video complété par de l’intelligence artificielle afin de n’envoyer d’images qu’en cas de détection d’une anomalie pour alerter une téléassistance.

D’autres sociétés ou laboratoires proposent des solutions de prévention intégrées dans des produits tels que pèse personnes ou chaussures. Ces objets sont équipés de capteurs et sont communicants afin de pouvoir détecter des problèmes d’équilibre de la personne et alerter en conséquence la famille, le médecin ou les aidants. On trouve notamment le programme Predica de l’Université technologique de Troyes en phase de pré-industrialisation avec les sociétés TEFAL et AECRTS, et d’autres produits similaires commercialisés par la société I-SHOE aux Etats-Unis, produits issus de travaux de recherche menés au sein du MIT.

Le débat est donc ouvert, faut-il équiper l’habitat, la personne ou des objets de la vie quotidienne ? mais les vrais enjeux vont être de prévenir de manière juste, en évitant les fausses alarmes et en évitant d’être trop intrusif dans la vie des personnes âgées. Ce sont des enjeux technologiques, mais aussi des enjeux d’intégration et de paramétrisation des systèmes et enfin un enjeu principal, celui de l’acceptabilité par les personnes.

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