Des négociations difficiles entre PSA et Mitsubishi

26/01/2010 (modifié le 26 janv. 2010)

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D'un côté comme de l'autre, l'intérêt d'une alliance entre PSA et Mitsubishi apparaît évidente.

Mais ce sont les négociations financières qui ralentissent le projet, et qui mèneront peut-être à un échec. Philippe Varin commence d'ailleurs à évoquer cette possibilité dans la presse : « S'il n'y a pas d'accord, Peugeot continuera à vivre et à se développer. » (in. Inverstir).

En effet, si PSA souhaite acquérir une part importante du capital de son partenaire, le constructeur, encore déficitaire, ne peut se permettre de consacrer son cash au dépend de ses investissements industriels. La solution de faire entrer Mistubishi au capital de PSA pourrait apporter une réponse à cette problématique. Or, l'actionnaire historique du groupe, la famille Peugeot, souhaite garder son poids autour de la table des décisions et refusera donc de céder des parts à de nouveaux partenaires.

Ensuite, Mitsubishi reste cher aux yeux de PSA alors que le groupe n'est que le 6ème constructeur japonais et qu'il ne semble pas en grande santé financière. PSA considère ainsi que l'action de Mitsubishi "reste surévaluée", et que la leur est "sous-évalué[e]".  En bourse, le japonais vaut 58 fois son excédent brut d'exploitation, alors que PSA ne le vaut que 16 fois.

Si la valorisation de Mistubishi reste élevée, PSA estime que le groupe japonais a plus besoin d'eux que la situation inverse.

S'estimant donc en position de force, Philippe Varin semble bien prêt à faire durer ce flou. Cependant, le 10 février, PSA présentera ses comptes annuels et évoquera certainement les perspectives d'avenir du constructeur. On peut alors imaginer que les investisseurs attendront une position du groupe sur ce point précis.

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