IAA. Bio : le consommateur paye...

09/12/2009

Partager sur Facebook Partager sur Twitter Partager sur Viadeo Partager sur LinkedIn

Le marché bio décolle enfin avec une croissance établie à + 25 % en 2008 et des perspectives de +8 % à +10 % par an jusqu'en 2012. Cette hausse est particulièrement dopée par les MDD qui étoffent régulièrement leur offre.

Le différentiel de prix couramment relayé est de + 25 à + 30 % par rapport au non bio. Dans une enquête sur plus de 600 produits dans les quatre grandes enseignes particulièrement impliquées dans le bio (Leclerc, Carrefour, Intermarché et Géant Casino), Linéaires établit l'écart à + 72 % en moyenne. La crèmerie est mieux positionnée avec un surcoût a + 57 % contre la charcuterie bio a + 95 % en moyenne.

De tels écarts sont-ils pleinement justifiés et qui profite du surcoût ?

Trois raisons majeures peuvent être identifiées. Tout d'abord, il existe un surcoût structurel lié au mode de production en lui-même. Vient ensuite la transformation qui engendre des contraintes spécifiques avec des économies d'échelle plus difficiles à faire compte tenu des plus faibles volumes. Enfin, la demande ayant progressé plus vite que l'offre ces dernières années, les prix sont tirés vers le haut avec moins possibilités de négociation pour les acheteurs. Toutefois, quelques soient les raisons objectives évoquées, il n'en demeure pas moins que les marges sont plus confortables à tous les stades de la filière : production, transformation et distribution.

Décryptage : Même si le bio est en forte croissance, il continue de s'adresser à une clientèle plutôt urbaine, âgée et CSP+ prête à financer un surcoût quelques fois exorbitant. Deux positionnements s'offrent aux marques :

  • Profiter d'une augmentation toujours plus forte de la demande en rognant un peu leurs marges pour doper les volumes. Encore faut-il que la conversion des agriculteurs à la production bio s'accélère.
  • Maintenir un positionnement élevé et préserver les marges en intégrant davantage de facettes de développement durable dans l'offre(bilan carbone, énergies renouvelables, production locale...) qui semblent prendre le pas sur le bio simple.
Sources

"72 % + cher : le vrai prix du bio", Linéaires, novembre 2009.

Auteur Catherine Miniot, CCI Ille et Vilaine

A lire également

Anti-gaspi : les crackers Résurrection valorisent les drêches de brasserie

Le 13/04/2018

Transformer un déchet en ressource, telle est l'idée de Nathalie Golliet et Marie Kerouedan. Après avoir créé en 2015 Re(f)use, une structure visant à valoriser les déchets culinaires, ces deux passionnées lancent, dans un esprit de développement durable les crackers Résurrection issus des drêches de brasseries.

"Nous, épiceries anti-gaspi", prochaine ouverture à Rennes !

Le 29/03/2018

Face à l'engouement pour la lutte contre le gaspillage alimentaire, les initiatives se multiplient. Deux entrepreneurs engagés, Vincent Justin et Charles Lottmann, lancent un nouveau circuit de distribution permettant aux fournisseurs de vendre leurs produits déclassés et invendus dans l'enseigne "Nous".

Sans pesticide, sans insecticide, zéro résidu ou sans traitement après récolte... A chacun sa promesse.

Le 15/03/2018

Les pesticides occupent aujourd'hui une large place dans les débats… Encouragées par les considérations des consommateurs toujours plus inquiets et une actualité qui renforce la défiance, les filières ont déjà pris les devants. Pommes de terre, tomates et autres fruits et légumes font le choix de logos impactants pour se différencier en linéaire.