IAA. L'oeuf alternatif : la France traîne les pieds.

06/11/2009

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La législation prévoit une amélioration des conditions d'élevage des poules en batterie à horizon 2012. Très en amont de cette échéance, de nombreuses enseignes de distribution des pays européens du nord ont sorti les œufs en batterie de leurs rayons. Certaines enseignes ont déjà étendu le mouvement aux ingrédients (ovoproduits) contenus dans les MDD.

En France, l'œuf en batterie, avec son atout prix, représente encore 70 % des volumes vendus. Le mouvement semble cependant inéluctable avec une baisse régulière de cette proportion et un lobbying de plus en plus fort des associations de défense du bien être animal. La problématique évoquée par la filière reste l'approvisionnement en solutions alternatives (plein air, Label Rouge, bio, fermier).

Décryptage : Le frein de la filière s'explique par la segmentation du marché en 3 circuits d'importance équivalente. Les industriels agroalimentaires qui recherchent principalement le prix, la RHD qui ne s'est pas encore clairement positionnée sur les produits alternatifs et la grande distribution. Dans cette dernière, les œufs alternatifs (bio et Label Rouge) ont augmenté de 12 à 14 % et représentent 40 % de la valeur créée sur les linéaires. Preuve que les consommateurs sont prêts à dépenser plus pour des oeufs de qualité, qui représentent une alternative à la viande, produit souvent onéreux.

L'augmentation des volumes observés sur les segments haut de gamme (bio et LR) prouve que l'avantage concurrentiel de ces produits se trouve d'abord sur les notions de qualité, goût, tradition...

Par contre, pas sûr que le bien être animal soit à lui seul suffisant à donner une qualité perçue justifiant le différentiel de prix dans la conjoncture actuelle.


Sources

"Les œufs en batterie se raréfient en Europe", LSA, 29 octobre 2009

Auteur Catherine Miniot, CCI Ille et Vilaine

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