Les effets de la crise sur la restructuration de la filière

03/11/2009

Partager sur Facebook Partager sur Twitter Partager sur Viadeo Partager sur LinkedIn

Les effets directs de la crise se lisent d’une manière brutale à travers les plans de restructuration des fournisseurs. Bernard Brasey, directeur de la stratégie industrielle et du risque fournisseur de PSA, annonce les chiffres suivants pour le groupe PSA : 20 000 suppressions de postes pour les fournisseurs de rang 1 - 150 sites en restructuration, dont 30 qui ont fermé ou en cours de l’être.

Les effets à moyen termes seront une restructuration de la filière. Avec une baisse en 2009 de l’ordre de 30 % du chiffre d’affaires de la sous-traitance, chiffre indiqué par la FIM (Fédération des industries mécaniques), les entreprises les plus vulnérables manquant de réserves financières auront du mal à résister à cette crise, qui sera encore longue. En effet, toujours chez PSA, on estime qu’il faudra attendre 2013 pour retrouver les volumes de ventes de 2007. D’ici là les acteurs les moins viables pourraient disparaitre : de 30 à 40 % selon Patrick Bellity (Directeur Général du groupe ARCHE). Dans le même temps  le FMEA (fond de modernisation des équipementiers automobiles) concentre son soutien "chez les forts et dans les entreprises que l'on peut qualifier de stratégiques" comme l'indique le président du FMEA Hervé Guyot, pour faire émerger les champions de demain.


La filière va ainsi accélérer sa concentration. 70 % de la valeur aujourd’hui réalisée par les sous-traitants pourrait évoluer vers 90 % d’ici 2020 (selon le cabinet d'études PricewaterhouseCoopers), en renforçant encore les principes de l’architecture modulaire avec les grands systémiers.

PSA a d’ores et déjà indiqué la constitution d’une liste de 15 fournisseurs stratégiques (dans laquelle figure Valéo, Faurecia, Saint Gobain, Michelin et Bosh) avec qui le groupe sera plus exigeant, notamment en termes d’investissements en R&D et donc de partage des risques sur les nouveaux modèles et les innovations techniques. A l’issu de la crise, les fournisseurs de rang 1 seront moins nombreux et plus gros, gérant eux même les relations avec les sous-traitants de rang 2 et 3.

A lire également

Quel cerveau pour la voiture du futur ? [par l'Atelier]

Le 29/09/2017

[Extrait de l'article initialement paru sur l'Atelier] La voiture de demain sera non polluante, ultra-communicante et autonome. Mais pour libérer le conducteur de toute tâche de conduite, celle-ci devra disposer d'une puissance de calcul conséquente. Une rupture technologique pour les constructeurs automobiles et leurs équipementiers.

La technologie diesel est-t-elle encore un avenir pour l'automobile ?

Le 22/09/2017

Depuis la déclaration de l'OMS en 2012 sur la nature cancérigène des polluants du diesel, les constructeurs ont accéléré le développement du "diesel propre" sans pouvoir inverser la tendance forte de baisse des ventes et dans un discours devenu bien difficile à entendre dans le contexte du dieselgate.

Les transports à la demande : la mobilité qui sauvera les villes ?

Le 15/09/2017

A l’occasion de la sortie du rapport de POLIS “Mobility as a service : implications for urban and regional transport”, nous avions envie de revenir sur les transports à la demande et leurs enjeux dans le tissu urbain.