Réduction des émissions de CO2 des véhicules utilitaires légers: les constructeurs disent non!

29/10/2009

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La Commission Européenne souhaite étendre son objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre aux véhicules utilitaires légers. Actuellement fixé à 200g de CO² par kilomètre, le seuil de 175g/km devrait être obligatoirement atteint par les constructeurs en 2012. A plus long terme, il se réduirait à 135g/km en 2020. Cependant, en contexte de crise, sur un marché européen qui a reculé de près de 36%, les constructeurs n’entendent pas que cette proposition soit votée en l’état et mènent des actions de lobbying intenses pour repousser l’échéance.


 
Un objectif irréaliste ?

L'objectif de 175g/km est qualifié d'irréaliste par l'Association des constructeurs automobiles européens (ACEA), qui estime un surcoût de 10% sur le prix du véhicule pour atteindre ces objectifs. Selon, cette même association présidée par Carlos Goshn, « calquer la réglementation encadrant les émissions des VUL sur celle des voitures particulières traduit un profond manque de compréhension du marché, et ne tient pas compte des délais de conception requis pour développer de nouvelles motorisations ».

On peut lire à travers les lignes de ces déclarations que Renault, comme PSA, ont mobilisé toutes leurs ressources en R&D afin de développer des voitures "vertes" pour les particuliers. Il leur serait donc très difficile de travailler au développement de nouveaux moteurs plus respectueux de l'environnement pour les VUL avant 2013. 

Un moratoire a donc été demandé jusqu'en 2017 et l'Allemagne, la France et l'Italie ont écrit une lettre commune à la Commission pour lui demander d'étaler le processus entre 2013 et 2017, et de réduire les amendes.


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Un lobbying actif qui donne des résultats

Les boucliers sont donc levés et le résultat est là : un délai supplémentaire leur est accordé. « La moyenne des émissions des véhicules utilitaires devra passer de 200 à 175 grammes de CO² par kilomètres entre 2014 et 2016 et être réduite à 135 g/km en 2020 », a indiqué Stavros Dimas, commissaire européen à l'Environnement.

Comme pour les véhicules des particuliers, le calcul se faisant sur la moyenne des émissions de la flotte de voitures, il sera possible pour les constructeurs de garder des VUL très polluants si leurs fortes émissions de CO² sont compensées par des VUL moins émetteurs de CO².

Des pénalités sont tout de même prévues en cas de dépassement du taux maximal d'émissions fixés par la règlementation: jusqu'en 2018, le niveau de pénalité sera de 5€ pour le premier g de CO²/km au-dessus de la courbe moyenne, 15€ pour le deuxième, 25€ pour le troisième puis 120€ pour chaque g/km supplémentaire.


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Une validation incertaine

La proposition doit encore être validée par les Etats Membres et les Députés européens. On peut donc imaginer que les constructeurs ne vont pas en rester là et se battront jusqu'au bout pour obtenir le délai le plus long et les sanctions les moins fortes. A l'inverse, l'Union Européenne, à l'approche du Sommet de Copenhague, a des engagements à défendre en ce qui concerne la réduction des gaz à effets de serre et a également des intérêts à faire valoir.

Affaire à suivre...


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